Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren CELUI DE L’HORIZON

Crier, vers la souffrance et les affres du soir.
Il se voulait supplicié. Il se savait
Le prisonnier de son désir. Sur sa croix d’âme,
Il se saignait, avec de rouges clous de flamme,
Et dégustait toute la mort, qu’il en buvait.
Sa vie ? — Elle s’était dardée en cette foi
De n’être rien, sinon celui qui s’épouvante
Et des sabrants éclairs de son âme savante
Flagelle, obstinément, les orages du soi.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren CELUI DE L’HORIZON

CELUI DE L’HORIZON
J’ai regardé, par la lucarne ouverte, au flanc
D’un phare abandonné que flagellait la pluie :
Des trains tumultueux, sous des tunnels de suie,
Sifflaient, fixés, au loin, par des fanaux en sang.
Le port immensément enchevêtré de mâts,
Dormait, huileux et lourd, en ses bassins d’asphalte ;
Un seul levier, debout sur un bloc de basalte,
Serrait, en son poing noir, un énorme acomas.
Et sous l’envoûtement de ce soir de portor,
Une à une, là-bas, s’éloignaient les lanternes,
Vers des quartiers de bruit, de joie et de tavernes,
Où bondissent les ruts, parmi des miroirs d’or.
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