“ Très haut amour, s’il se peut que je meure Sans avoir su d’où je vous possédais, En quel soleil était votre demeure En quel passé votre temps, en quelle heure Je vous aimais, Très haut amour qui passez la mémoire, Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour, En quel destin vous traciez mon histoire, En quel sommeil se voyait votre gloire, Ô mon séjour... Quand je serai pour moi-même perdue Et divisée à l’abîme infini, Infiniment, quand je serai rompue, Quand le présent dont je suis revêtue Aura trahi, Par l’univers en mille corps brisée, De mille instants non rassemblés encor, ”
Catherine Pozzi
Citations de Catherine Pozzi
“ Dans un monde au futur du temps où j’ai la vie Qui ne s’est pas formé dans le ciel d’aujourd’hui, Au plus nouvel espace où le vouloir dévie Au plus nouveau moment de l’astre que je fuis Tu vivras, ma splendeur, mon malheur, ma survie Mon plus extrême cœur fait du sang que je suis, Mon souffle, mon toucher, mon regard, mon envie, Mon plus terrestre bien perdu pour l’infini. Évite l’avenir, Image poursuivie ! Je suis morte de vous, ô mes actes chéris Ne sois pas défais toi dissipe toi délie Dénonce le désir que je n’ai pas choisi. N’accomplis pas mon jour, âme de ma folie, — Délaisse le destin que je n’ai pas fini. ”
“ Je descends les degrés de siècles et de sable Qui retournent à vous l’instant désespéré Terre des temples d’or, j’entre dans votre fable Atlantique adoré. D’un corps qui ne m’est plus que fuie enfin la flamme L’Âme est un nom chéri détesté du destin — Que s’arrête le temps, que s’affaisse la trame, Je reviens sur mes pas vers l’abîme enfantin. Les oiseaux sur le vent dans l’ouest marin s’engagent, Il faut voler, bonheur, à l’ancien été Tout endormi profond où cesse le rivage Rochers, le chant, le roi, l’arbre longtemps bercé, Astres longtemps liés à mon premier visage, Singulier soleil de calme couronné. ”

