Jean de La Fontaine,
Les Animaux malades de la Peſte
“ L’histoire nous apprend qu’en de tels accidens On fait de pareils dévoûmens : Ne nous flatons donc point, voyons sans indulgence L’état de nostre conscience. Pour moy, satisfaisant mes appetits gloutons J’ay devoré force moutons ; Que m’avoient-ils fait ? nulle offense : Mesme il m’est arrivé quelquefois de manger Le Berger. Je me dévoûray donc, s’il le faut ; mais je pense Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moy : Car on doit souhaiter selon toute justice Que le plus coupable perisse. ”

