Leconte de Lisle,
Le dernier Souvenir (1862)
“ Dans l’incommensurable abîme, sans rien voir, Lent comme une agonie et lourd comme une foule. Inerte, blême, au fond d’un lugubre entonnoir Je descends d’heure en heure et d’année en année, À travers le Muet, l’Immobile, le Noir. Je songe, et ne sens plus. L’épreuve est terminée. Qu’est-ce donc que la vie ? Étais-je jeune ou vieux ? Soleil ! Amour ! — Rien, rien. Va, chair abandonnée ! ”
