Marceline Desbordes-Valmore,
La Prière perdue
“ Si de tes noirs soupçons l’amertume m’oppresse, Si je veux par la fuite apaiser ton effroi, Tu demandes du temps, quelques jours, rien ne presse ; J’hésite, tu gémis, je cède malgré moi. Que je crains, ô mon cœur, ce tyrannique empire ! Que d’ennuis, que de pleurs il m’a déjà coûté ! Rappelle-toi ce temps de liberté, Ce bien perdu dont ma fierté soupire. Tu me trahis toujours, et tu me fais pitié. Crois-moi, rends à l’amour un sentiment trop tendre ”
