Marceline Desbordes-Valmore

Élements biographiques

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore XII Élégies

LES SÉPARÉS
N’Écris pas ! Je suis triste, et je voudrais m’éteindre ;
Les beaux étés, sans toi, c’est l’amour sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre ;
Et, frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas !
N’écris pas ! n’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu... qu’à toi, si je t’aimais.
Au fond de ton silence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas !
N’écris pas ! Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ;
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
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Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore Huit femmes

Oh ! tu m’as poussée, Revalto ! et elle se retourne, et elle a peur. Revalto, changé, semble sortir, par dégrés, d’un déguisement fantastique. Il parle : le charme de sa voix est rompu ; il la regarde : son regard est de fer ; Fanelly stupéfaite voit tomber chaque prestige dont l’éclat effacé ne laisse à ce jeune homme qu’une beauté farouche, des manières insoucieuses, et l’ironie du dédain. À tout ce qu’elle essaie d’articuler d’étonnement et de douleur, il ne répond que par un déluge de paroles qu’elle n’entend plus, puis, par un éclat de rire dont son cœur est près de se rompre.
Source : Wikisource

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore Marceline Desbordes-Valmore Contes et scènes de la vie de famille… (18..)

Qui tourne à l'entour de la terre, La guerre s'avance vers nous : Ne l'attendons pas à genoux!
« Enfants, oiseaux, brebis et fleurs, Fuyez ce bruit qui vous étonne; C'est le canon qui fume et tonne, Et roule du sang et des pleurs. »
- Entendez-vous ce'a ! entendez-vous cela! Sauvezvous parla, Agnès ! Eh ! comme si le vent vous emportait!
« La guerre ! la guerre ! la guerre !
Qui tourne à l'entour de la terre, La guerre s'avance vers nous : Ne l'attendons pas à genoux ! »
- Quoi ! c'est là tout ? dit Agnès en voyant sa grand'mère s'asseoir toute hors d'haleine.
Source : Gallica

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