“ Tout était donc, en ce jour de bonheur, joie et amour pour Adrienne ; le soleil, se couchant dans un ciel d’une sérénité splendide, inondait la promenade de ses rayons dorés ; l’air était tiède ; les voitures se croisaient en tous sens ; les chevaux des cavaliers passaient et repassaient rapides et fringants ; une brise légère agitait les écharpes des femmes, les plumes de leurs chapeaux ; partout enfin le bruit, le mouvement, la lumière. Adrienne, du fond de sa voiture, s’amusait à voir miroiter sous ses yeux ce tourbillon étincelant de tout le luxe parisien ”
Adrienne
Définition et enjeux
Adrienne, figure littéraire fréquente dans la fiction du XIXe siècle, incarne souvent les tensions entre désir, devoir et identité. Dès Eugène Sue, qui la décrit comme un être passionné par la joie et la lumière dans Le Juif errant, jusqu’à Jeanne Marais, qui explore son conflit intérieur entre deux personnalités en Trio d’amour, les auteurs ont mis en scène sa complexité.
Émile Augier la représente dans un cadre dramatique, tandis que Louis Reybaud souligne sa force émotionnelle. Victor Du Bled, lui, met en avant ses talents artistiques et sa sensibilité. Ces approches variées, allant de l’analyse psychologique à la description physique, révèlent Adrienne comme un reflet des enjeux sociaux et moraux de son époque.
Citations sur “Adrienne”
“ Il faut à cet hymen que Stéphane consente. Gabrielle. Adrienne ! Adrienne. Adrienne ! Il le faut, te dis-je, et sans sursis ; Car autrement ta perte est certaine. Choisis. Gabrielle. Me crois-tu donc si peu d’honnêteté qu’il faille Entre la honte et moi mettre cette muraille ? Va, va, j’ai de la force, et j’ai su le prouver. Adrienne. Je dois te parler ferme afin de te sauver. Qu’as-tu fait pour compter ainsi sur ton courage ? Qu’as-tu fait pour te croire au-dessus de l’orage ? Ton amour n’a pas su se taire seulement ! Tu crois bien beau l’effort d’exiler ton amant ? ”
Louis Reybaud,
La Vie à rebours, par Louis Reybaud
(1854)
“ Tels étaient les sentiments qui agitèrent Adrienne pendant le temps de sa convalescence. Personne n'eût deviné les orages et les combats de son coeur, avoir la résignation dont ses traits étaient empreints. Jamais le son de sa voix n'avait été plus doux ni sa grâce plus touchante. En l'observant de près, on aurait pu quelquefois surprendre une larme au bord de ses cils, ou un nuage voilant à l'improviste l'éclat de son regard, ou bien des frissonnements subits au retour de certains mots ou au réveil de certains souvenirs. ”
