Ernest Benjamin

L'impure (1884)

Résumé

Ernest Benjamin L'impure (1884)

On ne m'a appris à aimer que les fleurs artificielles, répondit Adrienne tristement. Ma mère est morte en me donnant le jour : j'ai poussé comme j'ai voulu. Toi, René, tu as une mère ! Tu l'aimes bien ta mère, n'est-ce pas ?
René avait besoin d'éclater : Hortense Germier venait de prononcer le nom de sa mère et l'avait Souillé : il voulait une revanche.
– Ma mère, dit-il avec force, c'est l'Évangile, c'est Dieu ; je crois en elle, je l'adore. Elle est au-dessus de toutes les femmes : on ne la définit pas. Les mots sont nombreux pour chanter ses vertus, et pas un seul ne les peint fidèlement.
Source : Gallica

Ernest Benjamin L'impure (1884)

Le coeur de madame Saveny s'ouvrit sous ces mots comme la fleur s'ouvre sous un rayon d'avril. Son fils était sauvé !
Elle se livra au bonheur avec abandon. Elle ferma les yeux pour voir tout à son aise son rêve béni. Elle tendit ses bras au vieillard, et dans cette étreinte le passé s'effaça.
Cependant René était auprès de Marie et lui disait :
– Tu es ma femme ; jamais, entends-tu, nous ne nous souviendrons de ces jours maudits qui ont
frappé nos amours, tout à coup, comme le feu du ciel frappe la forêt tranquille et mystérieuse !
Source : Gallica

Ernest Benjamin L'impure (1884)

Enfin ! s'écria madame Saveny, vous voilà donc tel que je vous ai rêvé : vous mettez la famille au-dessus de l'argent ! Nous sommes ruinés, avez-vous dit ? Eh qu'importe ! Est-on jamais dans la misère quand on a un fils ?
Vous êtes déshonoré, avez-vous dit encore ! Mais vous n'êtes déshonoré que parce que vous êtes ruiné ; le monde est féroce envers qui lui doit.
Et le visage enflammé, le geste décuplé en sa force, elle s'avança vers Jacques.
– Vous n'êtes déshonoré qu'ici, moi seule jugerai de ce déshonneur, c'est affaire entre nous deux ; Jacques, je vous pardonne !
Source : Gallica

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