“ Mourez, soit, mais ne faites pas mourir. Des suicides comme celui qui va s’accomplir ici sont sublimes, mais le suicide est étroit, et ne veut pas d’extension ; et dès qu’il touche à vos proches, le suicide s’appelle meurtre. Songez aux petites têtes blondes, et songez aux cheveux blancs. Écoutez, tout à l’heure, Enjolras, il vient de me le dire, a vu au coin de la rue du Cygne une croisée éclairée, une chandelle à une pauvre fenêtre, au cinquième, et sur la vitre l’ombre toute branlante d’une tête de vieille femme qui avait l’air d’avoir passé la nuit et d’attendre. ”
Suicide
Définition et enjeux
Le suicide, acte délibéré visant à mettre fin à sa propre vie, est un phénomène complexe analysé par la psychologie, la sociologie et la suicidologie. Émile Durkheim le présente comme une conséquence de la désintégration sociale, tandis que Victor Hugo le condamne moralement dans Les Misérables, mettant en lumière son effet sur les proches.
N Ebrard, lui, le perçoit comme une manifestation des failles de la société. Selon l’OMS, il constitue la treizième cause de décès à l’échelle mondiale, affectant plus de 800 000 personnes chaque année, avec des écarts notables selon les cultures et les genres.
Citations sur le suicide
Joseph-Michel Guardia,
La Médecine à travers les siècles…
(1885)
“ Chaque suicide est une accusation, un avertissement, une preuve de plus des imperfections de notre état social, une révélation de nos misères et de nos vices, et de cet égoïsme féroce qui devient la passion dominante, et qui est la vraie source du mal. Nos romans de mœurs ne nous guériront point de ce mal. Pour moi, qui ne lis guère les romans, je cherche un autre enseignement : quand je suis las du triste spectacle que nous nous donnons mutuellement, je fais un tour à la morgue, où la mort nous donne chaque jour de graves leçons de morale. ”
N Ebrard, Du suicide, considéré aux points de vue médical… (1870)
“ Où s'arrêtera cet appétit du meurtre de soi, cette passion de la destruction ? Quand cessera cette soif étrange de la mort et du tombeau, qui travaille aujourd'hui tant de malheureuses victimes du plus fanatique des préjugés, ou de la plus déplorable perturbation intellectuelle, affective ou morale? Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que le suicide est regardé comme un fait inhérent, pour ainsi dire, à l'humanité même, dont les causes tiennent si profondément aux racines du coeur de l'homme et de l'état social, qu'elles ne sauraient être coupées par une main humaine. ”
