Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ Et le cygne attentif, qui chante et qui supplie, Voit resplendir parfois l’albâtre de ton sein. Tes compagnes, ô reine, ont revêtu sur l’herbe Leur ceinture légère, et quitté les flots bleus. Fuis le cygne nageur, roi du fleuve superbe, N’attache point tes bras à son col onduleux ! Tyndare, sceptre en main, songe, l’âme jalouse, Sur le trône d’ivoire avec tristesse assis. Il admire en son cœur l’image de l’Épouse, Et tourne vers le fleuve un regard indécis. Mais le large Eurotas, la montagne et la plaine Ont frémi d’allégresse. Ô pudeur sainte, adieu ! ”
