Résumé

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine Lamartine : Morceaux choisis à l'usage des classes (1873)

Viens, ouvre ma prison ; viens, prête-moi tes ailes !
Que tardes-tu? Parais; que je m'élance enfin
Vers cet Être inconnu, mon principe et ma fin!
— Qui m'en a détaché ? Qui suis-je, et que dois-je être ? Je meurs, et ne sais pas ce que c'est que de naître.
14 LAMARTINE.
Toi qu'en vain j'interroge, esprit, hôte inconnu,
Avant de m'animer, quel ciel habitais-tu ?
Quel pouvoir t'a jeté sur ce globe fragile?
Quelle main t'enferma dans ta prison d'argile ?
Par quels noeuds étonnants, par quels secrets rapports,
Le corps tient-il à toi comme tu tiens au corps?
Source : Gallica

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine Lamartine : Morceaux choisis à l'usage des classes (1873)

Fais silence, ô ma lyre ! Et toi, qui dans tes mains Tiens le coeur palpitant des sensibles humains, Byron, viens en tirer des torrents d'harmonie : C'est pour la vérité que Dieu fit le génie. Jette un cri vers le ciel, ô chantre des enfers ! Le ciel même aux damnés enviera tes concerts. Peut-être qu'à ta voix, de la vivante flamme Un rayon descendra dans l'ombre de ton âme ; Peut-être que ton coeur, ému de saints transports, S'apaisera soi-même à tes propres accords, Et qu'un éclair d'en haut perçant ta nuit profonde, Tu verseras sur nous la clarté qui t'inonde.
Source : Gallica

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine Lamartine : Morceaux choisis à l'usage des classes (1873)

L'onde n'a plus le murmure Dont elle enchantait les bois; Sous des rameaux sans verdure Les oiseaux n'ont plus de voix;
204 LAMARTINE.
Le soir est près de l'aurore; L'astre à peine vient d'éclore, Qu'il va terminer son tour; Il jette par intervalle Une lueur, clarté pâle Qu'on appelle encore un jour.
L'aube n'a plus de zéphyre Sous ses nuages dorés ; La pourpre du soir expire Sous les flots décolorés; La mer solitaire et vide N'est plus qu'un désert aride Où l'oeil cherche en vain l'esquif; Et sur la grève plus sourde La vague orageuse et lourde N'a qu'un murmure plaintif.
Source : Gallica

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