Émile Souvestre,
Oeuvres... 5e édition...
(1857)
“ Je reviens sur les bords que ton large flot baigne, Défatiguer mon cœur dont la blessure saigne ; La terre est trop fangeuse, on n'y respire pas. Ici, rien ne me pèse : elle est pure de boue Ta crinière de flots qu'un vent du ciel secoue Pour en chasser l'air d'ici bas. Océan, Océan, le parfum de ta côte Fait germer la pensée; elle jaillit plus haute, Et s'épure à ton air comme le bronze au feu. Océan, c'est de là, c'est du rocher qui tremble, Que d'un bond plus hardi doivent monter ensemble La muse au ciel, l'âme à son Dieu. ”
