Xavier Marmier,
Poésies d'un voyageur
(1844)
“ Heureux, heureux celui qui, dès son premier âge, Le long de ce sentier, a cueilli cette fleur , Et; comme un talisman pour les heures d'orage, L'a mise sur son cœur. Heureux surtout celui qui, d'une main prudente, La conserve avec soin dans la joie et le deuil, Contre tous les efforts d'une brise inconstante, Et contre tout écueil. J'ai connu ce bonheur, j'ai vu la fleur chérie Naître et grandir pour moi sous le ciel gris du Nord, Et j'ai béni le ciel, et je l'ai recueillie Avec un saint transport. Mais voilà qu'un vent froid la saisit et la blesse. ”

