Anna de Noailles,
Les Éblouissements
“ Le paradis c’est vous, beaux cieux lourds de nuages, Cieux vides, mais si vifs, si bons et si charmants, Où les arbres, avec de longs et verts jambages, Pointus, larges, légers, agités ou dormants, Ecrivent je ne sais quelle suprême histoire, Quel livre de l’espace, odorant, triste et vain, Quel mystique Koran, qui relate la gloire De l’azur éternel et de l’éther divin. Le paradis, c’est vous, voyageuse nuée, Robe aux plis balancés d’un dieu toujours absent, Vers qui montent sans fin, ardeur exténuée, Les vapeurs du désir, et le parfum du sang. ”
