Jean Richepin

Élements biographiques

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  La Mer

“ Ceux de la nuée et ceux des vagues,
Comme une tête aux prunelles vagues,
Et des mains sans bras aux gestes mous.
J’ai vu celui qui n’a point de face,
Et qu’on cherche en vain d’un œil hagard.
Car aussitôt qu’on a le regard
Arrêté sur lui, brusque, il s’efface.
Insaisissable, obscur, décevant,
Je m’imaginais le voir, le rendre ;
Mais au moment où j’allais le prendre,
Je ne l’ai plus vu. C’était le vent.
Pourtant, il est. Il respire. Il clame.
Il dit quelque chose. Écoutez !... Si !
Écoutez mieux. N’est-ce pas ceci :
— La terre est un corps, et j’en suis l’âme.
”
Source : Wikisource

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  Mes paradis

“ Voilà les paradis dont nous avons besoin,
Voilà ce qui convient le mieux, avant qu’il crève,
À l’infirme, à l’errant, au gueux qu’est notre rêve.
Comment, rien de plus ? Rien. Pas même, ô sourd-muet,
Le vœu qui, dernier-né, dans ton cœur remuait
Quand, le front lumineux, les yeux visionnaires,
Sur son buccin d’archange où roulaient des tonnerres
Hugo sonnait à notre espoir ressuscité
La diane de paix et de fraternité.
Hélas ! même ce vœu de nos récentes fièvres,
À peine il tremble encor, sourd-muet, sur tes lèvres.
”
Source : Wikisource

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin,  La Chanson des gueux (1910)

“ Et maintenant, moi, le vieux mâle, Qui dois être au moins trisaïeul, Quand me viendra l'heure où l'on râle, Comme un chien je crèverai seul.
Fils, la jeunesse n'est pas sage, On rit, on s'amuse, et l'on croit Que la vie, oiseau de passage, Va revenir après le froid.
Nos jours ne sont pas hirondelles. Partis, ils reviendront au temps Où les crapauds auront des ailes, Où les poules auront des dents.
On suit son coeur, on suit son ventre, On va !... Puis, en tournant les yeux, On voit que c'est là-bas, au diantre, Qu'est la jeunesse, ... et l'on est vieux.
”
Source : Gallica

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