“ Le flot longe le flot, l’onde voit naître l’onde, Et la brise absorbe en l’écume vagabonde Son front rêveur... II Soudain, un soupir immense Souffle aux bords de l’horizon, Sur mer un géant s’avance Redoutable comme un lion. Tout s’élance à son approche, Tout se bouscule, tout fuit, L’onde à sa semblable nuit Et le flot au flot s’accroche. ”
Flot
Définition et enjeux
Le flot, concept fondamental en géométrie différentielle, modélise l'évolution temporelle des éléments d'un fluide à travers une application associée à un champ de vecteurs. Il permet de résoudre des équations différentielles, comme celle de Cauchy-Lipschitz, et structure des théorèmes essentiels en dynamique des systèmes.
En topologie, il sert à démontrer des résultats comme le théorème de la boule chevelue, tandis que le flot de Ricci, outil central en géométrie, a permis à Perelman de résoudre la conjecture de Poincaré. Ce concept, ancré dans les mathématiques, influence également la physique, notamment la relativité générale.
Citations sur le flot
Alexandre Acloque, Sous les flots (1911)
“ Par un trou percé dans la roche, et qui me sert de fenêtre, je vois au-dessus de moi le flot qui se déplace, tantôt vert, tantôt bleu, parfois si translucide qu'on distingue au travers, dans l'azur du ciel, le vol des grands oiseaux de mer, parfois, après les tempêtes, limoneux et jaune de sable, toujours peuplé de créatures légères et gracieuses, dont le moindre mouvement fait jaillir un éclaboussement d'étincelles. ”
Abbé Perrot, La Grève de Pordic
“ Sur le flot argenté, j’ai beau chercher au loin, L’œil ne voit plus que l’eau : l’intrépide marin Sait seul s’il est encore au-delà quelque terre. Du rivage j’ignore et ma faible paupière En face n’aperçoit que la mer et les flots. ”
Léon Pamphile LeMay, Reflets d’antan
“ Comme un front de vieillard sous le poids lourd des ans, Le flot se ride et tremble à l’haleine des vents, Le soleil est entré dans sa couche pudique. De nouveau, sur la mer, la nuit mélancolique Avec son noir manteau se promène sans bruit, Et sur son front d’ébène une étoile d’or luit. Et le navire vogue. Et sa pesante voile Au bercement des flots tremble comme l’étoile. ”
Édouard Turquety, Poésies de Édouard Turquety : Amour et foi… (1836)
“ On voit à sa rapide et farouche lueur Le flot d'en bas heurter le flot supérieur : Tous deux luttent d'audace, Se jettent l'un dans l'autre avec un même élan ; Et le vide s'efface, Et l'atmosphère entière, et le ciel et l'espace, Tout devient océan. Et l'Océan fut roi ; ses vagues effarées Menaçaient les mondes surpris, Et le flot se joua dans sa couche éthérée, Quarante jours, quarante nuits. Et quand l'onde sans frein eut suspendu sa marche, Quand la mer retomba, lasse de tant d'assauts, L'horizon était vide, on ne voyait que l'arche, Qui, sous le doigt de Dieu, fendait les grandes eaux. ”
Alphonse de Lamartine,
Œuvres complètes de Lamartine
“ Un débris du passé qui souille l’avenir ; Un flot, comme ces flots errant à l’aventure, Portant de plage en plage une écume, un murmure, Et qui, semblable en tout au mobile élément, Sans avancer jamais, flotte éternellement. ”
Édouard Pailleron,
Les parasites
(1861)
“ Et tombe en poussière Sur le sable d'or. il est là, puissant : Vainement l'orage, D'un flot rugissant, Le mord avec rage; La terrible mer Brise ses dents blanches Sur ses fortes hanches, Comme sur du fer. Vainement, plus doux, Il enlace et presse Le vieux rocher roux Comme une maîtresse ; Le flot souterrain, Non plus que la lame, N'émeut et n'entame Le géant d'airain. Lui, la tète aux cieux, Les pieds dans l'abîme, Morne, insoucieux, De sa haute cime Il voit, sans céder, En bas, sur la mousse, Le flot, qu'un flot pousse, Au flot succéder. ”
Marie Allo,
Les fontaines : poèmes
(1923)
“ Nos corps transparents aux formes fluides Suivent de la mer le long rythme mou, Enlaçant les flancs des vagues rapides, Dans l'immensité nous allons... vers où ? Le flot indolent suivant ses caprices, Nous tord, ou nous plie, ou vient dérouler L'enchevêtrement de nos rubans lisses, Et, souples, sur l'eau les fait onduler. Sur le sable, blond, parfois nous dépose L'onde qui soudain recule et s'enfuit... ”
Dr François, Des nuits : poème (1836)
“ Ces sons mytérieux, unis au bruit des eaux, La touchante harmonie et des vents et des flots , Forme au fond de ces bois par l'écho répétée Un concert assidu dont l'oreille est flattée. Ces bruits, ces sons, ces voix enflamment le héros D'un désir imprudent de traverser ces flots. En efforts impuissants tandis qu'il se consume, Soudain l'onde blanchit d'une bouillante écume. Un flot long-temps caché sortant du sein des eaux. S'élève en mugissant sur la face des flots, S'entr'otivre y et du milieu de la pleine liquide Fait sortir une nymphe à son regard avide. ”
Alphonse de Lamartine,
Nouvelles méditations poétiques…
(1871)
“ Souvent pendant la nuit, au souffle du zéphire, On sent la terre aussi flotter comme un navire; D'une écume brillante on voit les monts couverts Fendre d'un cours égal le flot grondant des airs : Sur ces vagues d'azur où le globe se joue, On entend l'aquilon se briser sur la proue, Et du vent dans les mâts les tristes sifflements, Et de ses flancs battus les sourds gémissements ; Et l'homme, sur l'abîme où sa demeure flotte, Vogue avec volupté sur la foi du pilote ! ”
“ Et le flot succède au flot, les bannières succèdent aux bannières, les couronnes s’entassent sur les couronnes ; c’est un tonnerre de vivats, et c’est une pluie de fleurs. Lui, de midi au crépuscule, se tient droit, regardant se dérouler cet immense cortège qui l’acclame. ”
Jacques Normand, Les Moineaux francs (1887)
“ Qui se dresse droit sur le flot, À pleines voiles Nous cinglons, au petit matin, Par un ciel d’un gris incertain Semé d’étoiles. La mer est dure et le vent frais. On va, naviguant au plus près ”
Maria Konopnicka,
Prométhée et Sisyphe : pages choisies
(1911)
“ Le flot monte, il se dresse au-dessus de l'éternel remous, dans un inexprimable et douloureux effort. Le flot monte, il court, s'envole, s'élance vers le ciel et, la poitrine gonflée d'écume amère, il s'affaiblit et monte, chantant son propre chant de mort. ”
Jacques Normand, Paravents et Tréteaux
“ Qui, chargés jusqu’aux bords, vont et viennent dans l’ombre... Enfin partout, partout, le flot, l’horrible flot Qui gagne, qui grandit, monte toujours plus haut, Et, formidable masse à tout moment accrue, Silencieusement, inonde chaque rue ! ”
“ Et l'on vit encore les remous de l'eau, la cheminée haute du bateau-lavoir, la chaîne immobile de la dragueuse, des tas de sable sur le port, en face, une complication extraordinaire de choses, tout un monde emplissant l'énorme coulée, la fosse creusée d'un horizon à l'autre. Le ciel s'éteignit, le flot ne roula plus que des ténèbres, dans le fracas de la foudre. ”
“ C'est là du reste l'effet que le poète a décrit dans le passage suivant, « Le flot se recourbe, et, couronnant l'extrémité du rivage, rejette au loin l'écume salée [119] , » ainsi. que dans cet autre vers, « Les rivages retentissent des efforts de la mer vomissant son écume [120] . » 9. Le flot, dans son mouvement progressif, acquiert donc la force suffisante pour expulser hors de son sein tout corps étranger, et l'on appelle proprement épuration de la mer cet effort par lequel elle jette à la côte les cadavres et les débris, quels qu'ils soient, des navires naufragés. ”
Alphonse de Lamartine,
Harmonies poétiques et religieuses
(1882)
“ Chaque ruisseau qui l'enfle est un flot qui l'altère, Jusqu'au terme où, grossi de tant d'onde adultère, Il va, grand, mais troublé, déposant un vain nom, Rouler au sein des mers sa gloire et son limon. ”
Robert Franz, Lettres d'un excentrique (1876)
“ La mer montait; le flot envahissait le sable sous ses pieds ; parfois la vague les mouillait ; il marchait toujours. La nuit tomba. Un souffle qui passait de moment en moment ouvrait dans la mer de lumineux sillons ; des éclairs couraient dans les flots noirs et pressés ; ils allumaient des monceaux d'escarboucles ou dansaient sur l'abîme comme des aigrettes d'or. Tout en ayant un œil du côté de cette phosphorescence, de l'autre je suivais attentivement tous les mouvements de mon inconnu, qui bientôt gagna le chemin de la ville. ”
Louis Fouquet, Impressions... (1881)
“ Je contemple souvent, — ainsi qu'au bord du fleuve On regarde couler l'eau rapide où s'abreuve Un oiseau voyageur, — Je contemple ce flot qui sur tes plages gronde, Qui tantôt les caresse et tantôt les inonde, Et je reste songeur. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Le Divan oriental-occidental
“ Dans l’immense étendue pas un flot ne s’éveille. Heureux voyage. Les nuages se déchirent, le ciel est clair, Éole délie la chaîne inquiète, les vents murmurent, le matelot s’empresse. Vite ! vite ! Les flots se partagent, le lointain s’approche : déjà je vois le bord. Courage. Tranquille, au loin, à travers la plaine, où tu ne vois pas le chemin que t’a frayé le plus hardi, toi même fais ton chemin ! Sois en paix, ma chère âme ! si le navire craque, il ne se brise pas ; s’il se brise, il ne se brisera pas avec toi. ”
Thomas Henry Huxley,
Physiographie, introduction à l'étude de la nature…
(1882)
“ Le sédiment que le flot de la marée reçoit à l'embouchure d'un fleuve et qu'il entraîne le long des côtes se dépose parfois sur une autre plage et la mer peut devenir ainsi l'architecte d'une terre nouvelle. ”
André Lemoyne,
Chemin perdu ; La fée des pleurs…
(1863)
“ Quand un grand fleuve a l'ait trois ou quatre cents lieues, Et longtemps promené ses eaux vertes ou bleues Sous le ciel refroidi de l'Ancien Continent, C'est un voyageur las, qui va d'un flot traînant. ”
Stéphane Conte, Promenades au cimetière de la Madeleine… (1847)
“ Soit que l'onde caresse une plage fleurie, Soit que le flot pressé roule contre un rocher, Et par de vains efforts cherche à le détacher, L'onde et le flot s'en vont où coule la rivière, Sans pouvoir remonter un instant en arrière, Et tous deux vont se perdre en l'abime des mers, Réelle éternité de ce vaste univers. ”
Ernest Bersot,
Essai sur la Providence
(1853)
“ Ou le flot nous saisit et nous entraîne, sans nous laisser le temps de nous reconnaître, ou nous demeurons sur le rivage, absorbés dans le magique spectacle de cet océan humain, sans regard que pour son immensité et pour les vaisseaux qui le tentent, sans rien entendre que ses murmures et ses éclats, sans rien prévoir, sans rien espérer que ses colères et ses apaisements.. ”
Jules Lecomte,
Dictionnaire pittoresque de marine
(1835)
“ Le flot, c'est le flux de la mer, le temps qu'elle met à monter, son mouvement journalier qui se renouvelle deux fois par vingtquatre heures, et qui apporte une augmentation venue du large dans les eaux qui baignent les côtes. - Un navire à flot, est celui dont aucune partie n'est soutenue par un corps solide, et qui est totalement porté par la mer. ”
Élisée Reclus,
Nouvelle géographie universelle…
(1876)
“ Entre toutes ces villes qui baignent leur pied dans le flot, vont et viennent incessamment les navires et les embarcations de toutes formes, à la rame, à la voile, à la vapeur, animant l'espace de leur mouvement et donnant la vie à ce tableau magnifique. ”
Victor Hugo,
Les Travailleurs de la mer
“ Pas de bête comme la mer pour dépecer une proie. L’eau est pleine de griffes. Le vent mord, le flot dévore ; la vague est une mâchoire. C’est à la fois de l’arrachement et de l’écrasement. L’océan a le même coup de patte que le lion. ”
Taxile Delord,
Les fleurs animées. [Suivi de Botanique des dames et Horticulture des dames…
(1847)
“ Pendant que vous vous applaudissez de votre victoire, l'invincible fascination du gouffre agit à votre insu. Le flot l'emporte. C'en est fait, la branche s'échappe de vos mains, vous la voyez monter et descendre, flotter, tournoyer, puis s'enfoncer dans la mer. ”
Léon Valade,
Le Parnasse contemporain/1869
“ La nuit tombe ; le flot clapote, couleur d’encre ; Les astres rarement percent un ciel couvert. Courant en longs serpents sur l’onde qui vacille, Deux fanaux, sur le flanc du navire immobile, Luisent, l’un rouge, l’autre vert. La rade est solitaire & la grève est muette. Du bordage & des mâts on voit la silhouette Qui, frêle, se détache en plus noir sur la nuit. L’infini de la mer, l’infini de l’espace Se mêlent ; un nuage après un autre passe ; Un flot après un flot s’enfuit. ”
Raoul Lafagette, Pics et vallées, de novembre 1883 à septembre 1884 (1885)
“ Dans cette rage altière une grande âme souffre ; Par la vive blancheur de l'écume, le flot Prouve sa pureté. L'odeur âcre du gouffre Monte avec un tonnerre où se mêle un sanglot. Le Roc et les Flots. 101 Et je me dis, songeant aux ineptes reproches Des castrats : Voilà bien l'image, en vérité : Les flots sont la colère indomptable, et les roches, La ferme conscience et l'âpre volonté ! LA VIOLETTE ADIEU ! rayons, zéphyrs, parfums... Le vent d'hiver pleure à ma porte, Et, pareil au drap des défunts, Le ciel couvre la terre morte ! ”
Lucien Boulain, Souvenirs de la Basse Cornouaille…
“ Vous connaîtrez mal le travailleur de la mer si vous y songiez. Comme le héros de Victor Hugo qui va dans la caverne sous la roche affronter la pieuvre, ici un intrépide descendra... C’est à 250 pieds, à 300 pieds, soit, mais il descendra, un palan muni d’une longue corde est installé... le gars intrépide descendra par ce moyen dans l’abîme, profite du répit du flot pour rassembler les tas, que les compagnons font hisser à fur et mesure au sommet... Quand le flot arrive il est temps qu’il remonte lui-même, le reste sera pour la marée suivante... ”
Sully Prudhomme,
Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1866-1872
“ Je n’entends que le bruit de la rive et de l’eau, Le chagrin résigné d’une source qui pleure Ou d’un rocher qui verse une larme par heure, Et le vague frisson des feuilles de bouleau. Je ne sens pas le fleuve entraîner le bateau, Mais c’est le bord fleuri qui passe, et je demeure ; Et dans le flot profond que de mes yeux j’effleure, Le ciel bleu renversé tremble comme un rideau. On dirait que cette onde en sommeillant serpente, Oscille et ne sait plus le côté de la pente : Une fleur qu’on y pose hésite à le choisir. Et, comme cette fleur, tout ce que l’homme envie Peut se venir poser sur le flot de ma vie ”
Tristan Corbière,
Les Amours jaunes
“ Se mourant en sommeil, il se vivait en rêve. Son rêve était le flot qui montait sur la grève, Le flot qui descendait; Quelquefois, vaguement, il se prenait attendre.... Attendre quoi ... le flot monter—le flot descendre— Ou l'Absente.... ”
Amédée Marteau, Plébéiennes : épîtres et satires (1851)
“ Le flot monte invincible ! Eh quoi ! dans la rigueur Votre esprit éperdu cherche un frein qui le dompte ! Hâtez-vous, car déjà la mer est en fureur, Le flot monte ! Le flot monte ! il défie et brave vos tourments ; Entendez-vous gronder ces longs mugissementsf Le voilà qui déjà vous menace et vous presse; Votre âme vainement, pour calmer sa détresse, Appelle à son secours violence et rigueur, Car la main du Destin impitoyable compte, Compte vos derniers jours 1 La mer est en fureur, Le flot monte ! ”
Charles Dickens,
David Copperfield
(1850)
“ J’occupais mon ancien petit lit à la poupe du bateau ou le vent sifflait comme autrefois. Mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il gémissait sur ceux qui n’étaient plus, et au lieu de m’imaginer, comme par le passé, que la mer monterait pendant la nuit et mettrait le bateau à flot, je me disais que la mer était venue depuis le temps où j’avais entendu le bruit du vent sur les vagues, et qu’elle avait emporté le bonheur de ma vie. ”
Charles Briot,
Cours de cosmographie, ou Éléments d'astronomie…
(1867)
“ Le flot se forme en pleine mer ; quand il arrive à l' embouchure d'un fleuve, il remonte le fleuve peu à peu, atteignant d'abord les villes les plus voisines de la mer, puis les villes les plus éloignées. ”
Émile Daullia, Au pays des Pyrénées (1903)
“ Veut -on jouir du panorama de la côte et de l' ensemble de la rade ? On frète une embarcation . Il y en a là une véritable flotille : Canots de promenade , péniches , yoles , esquifs , barques à voiles , bâteaux de pêche , yachts de plaisance , attendant à l' ancre que les promeneurs aient jeté leur dévolu sur eux . Si la brise est favorable , on va à la voile , sinon on nage à l' aviron . Toutes ces embarcations circulent , s' entrecroisent , glissent , dansent , au gré du flot miroitant , qu' elles constellent de minuscules points noirs . ”
Sully Prudhomme,
Œuvres de Sully Prudhomme/Poésies 1872-1878
“ AU BORD DE L’EAU S’asseoir tous deux au bord d’un flot qui passe, Le voir passer ; Tous deux, s’il glisse un nuage en l’espace, Le voir glisser ; À l’horizon, s’il fume un toit de chaume, Le voir fumer ; Aux alentours, si quelque fleur embaume, S’en embaumer ; Si quelque fruit, où les abeilles goûtent, Tente, y goûter ; Si quelque oiseau, dans les bois qui l’écoutent, Chante, écouter... Entendre au pied du saule où l’eau murmure L’eau murmurer ; Ne pas sentir, tant que ce rêve dure, Le temps durer ; Mais n’apportant de passion profonde Qu’à s’adorer ; Sans nul souci des querelles du monde, ”
Louise Ackermann,
Poésies. Premières poésies. Poésies philosophiques
(1877)
“ Lorsque le passager, sur un vaisseau qui sombre, Entend autour de lui les vagues retentir, Qu'à perte de regard la mer immense et sombre Se soulève pour l'engloutir, Sans espoir de salut et quand le pont s'entr'ouvre, Parmi les mâts brisés, terrifié, meurtri, Il redresse son front hors du flot qui le couvre, Et pousse au large un dernier cri. 150 POESIES PHILOSOPHIQUES Cri vain ! cri déchirant ! l'oiseau qui plane ou passe, Au delà du nuage, a frissonné d'horreur, Et les vents déchaînés hésitent dans l'espace A l'étouffer sous leur clameur. Comme ce voyageur, en des mers inconnues J'erre et vais disparaître au sein des flots hurlants; ”
