Louis Fouquet

Élements biographiques

Louis Fouquet Impressions... (1881)

Et je le vois grossir, de colères prodigue, Et je le vois rouler sans repos et sans digue Et je le vois passer, Puis le vent dans l'espace affaiblit son murmure ; Alors, prêtant l'oreille aux bruits de la nature, Ailleurs je vais penser.
Car je sais des sentiers inconnus à la foule, Où pour toujours la voix de la vague qui roule S'éteint sous les halliers ; Où jamais l'on n'entend bourdonner en furie La popularité, cette onde qui charrie Des âmes par milliers.
Au fond d'une retraite où l'écho vient se taire, J'aime à jeter les yeux sur la fleur solitaire Qui dans l'ombre sourit
Source : Gallica

Louis Fouquet Impressions... (1881)

Ne le saviez-vous point que tout n'est que faiblesse, Et qu'en cherchant le port on se heurte à recueil ?
Et, chez vous, ce mépris qui salit et qui blesse N'est-il pas fait d'envie encor plus que d'orgueil ?
Ah ! plus d'un rougirait en sondant cet abîme Où la vie a creusé de si larges replis !
Le plus fort paraîtrait faible et pusillanime Devant bien des secrets dans l'ombre ensevelis.
Pourquoi donc triompher, pousser des cris de joie Lorsque déborde un mal jusqu'alors inconnu ?
Pourquoi crier victoire en faisant votre proie De cette âme qui saigne et que l'on met à nu ?
Source : Gallica

Louis Fouquet Impressions... (1881)

ELÈVE-TOI, mon âme, et dis à la souffrance Qu'elle te laisse calme et ne peut rien sur toi. —
Mais non. J'invoque en vain le doux nom d'espérance.
De son manteau glacé la morne indifférence Enveloppe ma vie et flotte autour de moi.
Pourquoi vient-il une heure où l'avenir se voile, Où le regard se ferme aux trop vives clartés, Où, comme un lourd vaisseau sans mâture et sans voile, L'esprit qui s'avançait guidé par une étoile S'endort triste et muet sur les flots agités ?
L'homme est faible. Un effort l'amollit et l'épuisé.
Source : Gallica

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