Louis Piérard, Manet l'incompris (1945)
“ Le nu est d'un modelé admirable. La distribution de la lumière et des ombres colorées, des pleins et des vides, le jeu des courbes et des droites, tout cela est sous le signe d'un équilibre impeccable. ”
Le nu, en art, désigne la représentation du corps humain dans un état de nudité, ou, par extension, toute allusion à cette nudité. Historiquement, il a marqué l'art occidental depuis l'Antiquité, avec une prédominance du nu masculin, puis, à partir du XVIIe siècle, du nu féminin. Cette tradition, ancrée dans les musées et l'enseignement académique, a suscité des réflexions diverses.
Louis Piérard souligne la maîtrise du modelé et de l'équilibre dans les œuvres de Manet, tandis qu'Antonin-Dalmace Sertillanges oppose la sublimité théorique du nu à ses risques pratiques. Saint Augustin, dans ses écrits, emploie le terme "nuage" de manière métaphorique pour évoquer l'incertitude spirituelle, illustrant ainsi la richesse des interprétations. Ces approches, mêlant esthétique et philosophie, révèlent l'évolution des visions du corps à travers les époques.
Louis Piérard, Manet l'incompris (1945)
“ Le nu est d'un modelé admirable. La distribution de la lumière et des ombres colorées, des pleins et des vides, le jeu des courbes et des droites, tout cela est sous le signe d'un équilibre impeccable. ”
Antonin-Dalmace Sertillanges,
Art et apologétique
(1909)
“ En principe, ce serait là une folie, fille d'un faux mysticisme. Le nu, en soi, est une sublimité. Seulement, il faut redire que les choses en soi ne gouvernent pas le monde. Le nu sublime en théorie, est dangereux en fait. ”
Benjamin Constant,
Lettres de Benjamin Constant à Madame Récamier…
(1882)
“ Mais vous êtes entourée d'un nuage et nous sommes tristes ou heureux, souffrants ou satisfaits, suivant que nous distinguons l'ange à travers le nuage, ou que le nuage se referme et dérobe l'ange à notre vue. Continuez donc à nous faire vivre, hélas! Je dis nous, tant j'ai le sentiment que je dois être heureux d'être souffert avec d'autres. Disposez des facultés, des forces, de tous les moyens de ceux qui vous aiment. ”
Saint Augustin,
Discours sur les psaumes : Psaumes LXXXI à XC
“ Qu’un homme parle, tu entends, mais tu ne vois point ce qu’il cache dans son cœur ; tu vois ce qui sort de la nuée, mais non ce qui est caché dans la nuée. Quel est l’homme dont l’œil pénètre un nuage ? Donc les nuées sont des prédicateurs de la vérité, mais sous le voile de la chair. Or, le Créateur du monde est venu lui-même dans sa chair. Mais, « qui dans les nuages sera égal à Dieu ? Qui donc dans les nuées sera comparable à Dieu ? qui parmi les enfants de Dieu sera semblable au Seigneur ? » Donc, parmi les fils de Dieu, nul ne sera égal au Fils de Dieu. ”
A. Michel., Dictionnaire de théologie catholique
“ D’abord, le signe naturel, c’est-à-dire celui dont la signification vient de la nature des choses, par exemple la fumée est le signe du feu. « Il suffit, dit saint Augustin, qu’on ait expérimenté une fois cette connexion, pour comprendre le signe. » Loc. cit., c. ii, col. 37. Venant de la nature, le signe naturel ne peut, une fois qu’il est connu, comporter d’erreur. ”
Jerónimo de San José, Vie et oeuvres spirituelles de l'admirable docteur mystique… (1877)
“ Oh! qui pourra dire combien il est impossible à une âme dominée par ses appétits, de juger les choses de Dieu telles qu'elles sont en vérité! Tant que ce nuage est étendu sur l'œil de notre âme, elle n'aperçoit que le nuage, tantôt d'une couleur et tantôt d'une autre; ainsi les choses de Dieu sont entrevues par elle comme ne venant pas de Dieu, et celles qui ne viennent pas de Dieu, comme venant de Dieu. ”
“ La Nature nous parle et nous l’interrompons ! Aveugles aux rayons de la sainte lumière, Sourds aux enseignements antiques de la terre, Nous ne connaissons pas le sol où nous rampons. Nous n’avons pas assez contemplé les aurores, Nous n’avons pas assez frémi devant la nuit, Mornes vivants dont l’âme est en proie au vain bruit Des savantes erreurs et des longs mots sonores ! En vain la Vérité s’offre à notre compas Et la Création ouvre pour nous son livre : Avides des secrets radieux qu’il nous livre, Nous les cherchons ailleurs et ne les trouvons pas. ”
Saint Augustin,
Discours sur les psaumes : Psaumes CI à CX
“ Puisse le Seigneur mon Dieu me mettre au nombre de ces nuées, quelles qu’elles soient. Il sait que je suis une nuée ténébreuse ; et cependant regardez comme des nuées tous les prédicateurs de la vérité. Quiconque est assez infirme pour ne point monter à ce ciel, c’est-à-dire à l’intelligence des saintes Écritures, doit y monter par ces nuées. C’est peut-être ce qui nous arrive à ce moment ; si je dis quelque chose d’utile, si mon travail n’est point inutile pour vous, vous montez au ciel des divines Écritures, ou plutôt vous arrivez à les comprendre, au moyen de ma prédication. ”
“ Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, ayant sur sa tête une couronne d’or, et dans sa main une faucille tranchante. Et un autre ange sortit du temple, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : Lance ta faucille, et moissonne ; car l’heure de moissonner est venue, car la moisson de la terre est mûre. Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. ”
David Hume,
Histoire naturelle de la religion
“ Ne sont-ce pas là les idées les plus naturelles que l’on puisse supposer à des hommes grossiers qui se font une religion ? À la place de M. Hume, j’eusse combiné les passions humaines avec le spectacle de la nature, je dis avec ce spectacle qui frappe les sens. N’est-ce pas déjà une passion que ce mouvement que nous éprouvons en voyant le lever ou le coucher du soleil, ou en voyant, dans une belle nuit, la lune rayonnante au milieu d’un ciel parsemé d’étoiles ? ”
Adolphe Millet, Miettes bibliques, pensées extraites des Proverbes et de l'Ecclésiaste de Salomon et du Livre de la… (1886)
“ Donc l'humble habitera dans sa joie éternelle La Sagesse de Dieu.— Soleil éblouissant, Lune, ciel constellé, qu'êtes-vous auprès d'elle? L'esprit manque de mots pour dire ce qu'il sent... La nuit succède au jour sur notre triste Terre ; Mais au Ciel éternel brille éternel le jour Du Bonheur. La Sagesse est sa pure lumière, Et la haine n'y peut prévaloir sur l'Amour. ”
John Henry Newman, Callista, ou Tableau historique du IIIe siècle… (1857)
“ Quel mystère cependant, qu'il soit impossible d'acquérir le ciel sans que notre nature primitive soit ainsi broyée et rompue ! O le mystérieux principe qui existe en nous ! quel qu'il soit, et de quelque manière qu'il puisse y être venu, qui est si contraire à Dieu, et qui a dépouillé notre nature de ce qui semble si bon, à tel point que tout doive être défait et recommencé ! ”
“ Quand j’assemblerai des nuées au-dessus de la terre, l’arc apparaîtra dans la nue, et je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous et tout être vivant, de toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge détruisant toute chair. ”
Eugène Nus,
Les dogmes nouveaux (2e édition augmentée…
(1878)
“ Exprime-t-il en lui vos essors condensés, Ou, dans une autre sphère, a-t-il laissé sa trace?. D'où vient-il?. Je ne sais. Dans les secrets que Dieu nous dévoile à ses heures, Ce mystère profond reste encore enfoui. L'esprit humain, devant les lois supérieures, Se détourne ébloui. Nous la saurons un jour la loi qui nous fit naître Dieu mit dans nos désirs la soif de l'inconnu. Si l'homme ignore encor la source de son être, Qu'importe! — Il est venu ! Il est venu, posé devant ce grand problème; Sentant que, fait pour lui, ce monde était son bien ”
Friedrich Nietzsche,
Ainsi parlait Zarathoustra
“ Nous en voulons à ces médiateurs et à ces mêleurs, les nuages qui passent : à ces êtres mixtes et indécis, qui ne savent ni bénir ni maudire du fond du cœur. Je préfère encore être assis dans une tonne sans voir le ciel, ou dans un abîme, que de te voir toi, ciel de lumière, terni par les nuages qui passent ! ”
Anna de Noailles,
L’Ombre des jours
“ Va-t’en, je ne veux plus regarder ton regard, Voir tes yeux plus lointains et plus doux que la nue, Ta joue où les rayons du jour d’or sont épars, Ta bouche qui sourit et qui ment, ta main nue... ”
Anna de Noailles,
Le Cœur innombrable
“ Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage, La sève universelle affluer dans ses mains. Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs Et goûter chaudement la joie et la douleur Qui font une buée humaine dans l’espace. Sentir, dans son cœur vif, l’air, le feu et le sang Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre : — S’élever au réel et pencher au mystère, Être le jour qui monte et l’ombre qui descend. Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise, ”
Auguste de Villiers de L’Isle-Adam,
Tribulat Bonhomet
“ Cela posé, voyons ce que disent de Dieu vos théologiens. — Dieu, selon Malebranche, est le lieu des esprits comme l’espace est celui des corps. — Dieu, selon saint Augustin, est tout entier partout, contenu tout entier nulle part. — Qui niera que Dieu soit corps, bien qu’il soit esprit ? ”
Platon,
Sophiste ; Politique ; Philèbe…
“ Pour la terre, notre nourrice, enroulée autour de l’axe qui traverse tout l’univers, Dieu la disposa pour être la gardienne et l’ouvrière de la nuit et du jour, la première et la plus ancienne des divinités qui sont nées à l’intérieur du ciel. ”
Paul Gouzy, Promenade d'une fillette autour d'un laboratoire (1887)
“ Et ces nuages purs qu'un jour mourant colore, Et qu'un souffle léger, du couchant à l'aurore, Roule en flocons de pourpre aux bords du firmament, tous ces corps si divers obéissent également à la loi universelle, qui est ainsi rédigée dans le code éternel de la nature : Tous les corps tendent à tomber vers la terre. ”
“ Pourquoi ne pas l'accepter ainsi qu'une messagère de l'au-delà, une élue de l'inconnu divin? ”
Victor Hugo,
Quatrevingt-treize
(1874)
“ Quand la nuit il [55] considérait le ciel, il disait : Que la création n’ait pas d’esprit, est-ce possible ? Cet esprit de la création, c’est Dieu. Et puis il y a les dieux inférieurs et locaux. Chaque univers a le sien. ”
Saint Augustin,
Discours sur les psaumes : Psaumes LXXXI à XC
“ Voilà donc la sécurité de ceux qui prêchent, c’est que nul dans les nuées n’est égal au Seigneur. C’est là, mes frères, ce qui vous paraît une grande louange, que nul dans les nuées ne soit égal au Créateur ”
David Hume,
Histoire naturelle de la religion
“ Ces êtres mitoyens, espece de demi-dieux, qui tiennent plus de la nature humaine que de la nature divine, & dont l’idée nous est familiere, devenus bientôt les principaux objets de culte, rappellent insensiblement cette idolâtrie que la dévotion fervente des timides & misérables mortels, & les pieuses exagérations qui l’accompagnent, avoient bannie des esprits. ”
Victor Hugo,
L'Homme qui rit
(1869)
“ — Tout ceci, repartit Minos, implique une certaine foi au diable. Ursus tint bon. — Très révérend, je ne suis pas impie au diable. La foi au diable est l’envers de la foi en Dieu. L’une prouve l’autre. Qui ne croit pas un peu au diable ne croit pas beaucoup en Dieu. Qui croit au soleil doit croire à l’ombre. Le diable est la nuit de Dieu. Qu’est-ce que la nuit ? la preuve du jour. ”
Jules Lequier,
La recherche d'une première vérité…
(1924)
“ En d' autres termes , relativement à Dieu , c'est - à - dire dans son nunc , vous faites , entendez-vous ? vous faites tout ce qu' il vous sera possible de ne pas faire quand le temps sera venu de vous décider . LE RÉPROUVÉ Cela étonne d' abord , cela étourdit ; on ne sait plus trop où l' on en est de penser que dans le nunc de Dieu on a fait tant de choses , avant même d' exister relativement à soi . Relativement à Dieu je nais ; je suis mort ; je ne suis pas né ; je vous parle , je meurs , je suis actuellement dans ... LE PRÉDESTINÉ Je vous entends . ”
Ernest Renan,
Revue des Deux Mondes
“ Nous l’avons tous connu, ce sage selon la terre, qu’aucune chimère surnaturelle n’égare, qui donnerait tous les rêves d’un autre monde pour les réalités d’une heure de celui-ci; ”
“ La vraie division humaine est celle-ci: les lumineux et les ténébreux.Diminuer le nombre des ténébreux, augmenter le nombre des lumineux, voilà le but. C'est pourquoi nous crions: enseignement! science! Apprendre à lire, c'est allumer du feu; toute syllabe épelée étincelle. ”
Eugène Nus,
Les dogmes nouveaux (2e édition augmentée…
(1878)
“ Laissez-nous voir tout le ciel bleu Paré de ses bouquets d'étoiles!. Notre âme veut contempler Dieu. Autour d'un centre invisible, Rois couronnés de rayons, Par un attrait infaillible, Ils mènent leurs tourbillons ; Et ces grands foyers, eux-mêmes, Font tournoyer dans les airs, Autour de Soleils suprêmes, Leur cortége d'Univers. C II œ UR Nuages, écartez vos voiles ; Laissez-nous voir tout le ciel bleu Paré de ses bouquets d'étoiles !. Notre âmé veut contempler Dieu. Et plus haut, et toujours montent Les Mondes hiérarchisés ; Par les Pouvoirs qui les comptent, L'un pour l'autre organisés ”
Victor Hugo,
Les rayons et les ombres
“ écoutez le poëte ! Écoutez le rêveur sacré ! Dans votre nuit, sans lui complète, Lui seul a le front éclairé. Des temps futurs perçant les ombres, Lui seul distingue en leurs flancs sombres Le germe qui n’est pas éclos. Homme, il est doux comme une femme. Dieu parle à voix basse à son âme Comme aux forêts et comme aux flots. ”
Isabelle Eberhardt,
Dans l’ombre chaude de l’Islam
“ il vole dans les nuages et regarde en face le soleil. Évite les larmes à tes yeux que Dieu fermera bientôt ! ”
La Sainte Bible selon la Vulgate… (1866)
“ Le Seigneur le reçut en agréable odeur, et il dit : Je ne répandrai plus ma malédiction sur la terre à cause des hommes ; car l'esprit de l'homme et les pensées de son coeur sont portés au mal dès sa jeunesse. Je ne frapperai donc plus, comme j'ai fait, tout ce qui est vivant et animé. 22. Tant que la terre durera, la semence et la moisson, le froid et le chaud, l'été et l'hiver, la nuit et le jour ne cesseront point de se succéder 1. CHAPITRE IX Dieu donne sa bénédiction à Noé et à ses enfants. Alliance du Seigneur avec les hommes. Cham est maudit. Sem et Japheth sont bénis. Mort de Noé. ”
George Sand,
Lélia
(1839 (2e version))
“ Il doit y avoir en toi quelque affreux mystère inconnu aux hommes. À coup sûr, tu n’es pas un être pétri du même limon et animé de la même vie que nous ! Tu es un ange ou un démon, mais tu n’es pas une créature humaine. Pourquoi nous cacher ta nature et ton origine ? Pourquoi habiter parmi nous qui ne pouvons te suffire ni te comprendre ? Si tu viens de Dieu, parle, et nous t’adorerons. Si tu viens de l’enfer... Toi venir de l’enfer ! ”
Oscar Wilde,
Le Portrait de Dorian Gray
“ — Oui, continua-t-il, s’approchant de lui, et le regardant fixement dans ses yeux sévères. Je vais vous montrer mon âme ! Vous allez voir cette chose qu’il est donné à Dieu seul de voir, selon vous !... ”
Anna de Noailles,
Le Cœur innombrable
“ Apparaît quelquefois aux fenêtres des rêves, Et va s’illuminant sur de pâles décors Dans un argentement de lune qui se lève. Il flotte du divin aux grâces de leur corps, Leur regard est intense et leur bouche attentive : Il semble qu’ils aient vu les jardins de la mort Et que plus rien en eux de réel ne survive. La furtive douceur de leur avènement Enjôle nos désirs à leurs vouloirs propices, Nous pressentons en eux d’impérieux amants Venus pour nous afin que le sort s’accomplisse ; Ils ont des gestes lents, doux et silencieux, Notre vie uniment vers leur attente afflue : Il semble que les corps s’unissent par les yeux ”
Anna de Noailles,
Les Éblouissements
“ Soupire vers le paradis. – Et toi mon âme, âme enflammée, Dépasse aussi les arbres verts, Déchire la molle buée, Sois le parfum du ciel ouvert, La cymbale de l’univers Et la danseuse des nuées ! ”
Friedrich Nietzsche,
Ainsi parlait Zarathoustra
“ La douleur de Dieu est plus profonde, ô monde singulier ! Saisis la douleur de Dieu, ne me saisis pas, moi ! Que suis-je ? Une douce lyre pleine d’ivresse, — — une lyre de minuit, une cloche-crapaud que personne ne comprend, mais qui doit parler devant des sourds, ô hommes supérieurs ! Car vous ne me comprenez pas ! ”
Victor Hugo,
Légende des siècles. Nouvelle série…
(1877)
“ L'univers magnifique et lugubre a deux cimes. O vivants, à ses deux extrémités sublimes, Qui sont aurore et nuit, La création triste, aux entrailles profondes, Porte deux Tout-puissants, le Dieu qui fait les mondes, Le ver qui les détruit. ”
Guy de Maupassant,
Clair de lune
“ Si vous saviez quelle puissance ils ont. Les sens qui vous tiennent haletant pendant des nuits entières, la peau chaude, le cœur précipité, l’esprit harcelé de visions affolantes ! ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Un moment après, il était dans son jardin, marchant, rêvant, contemplant, l’âme et la pensée tout entières à ces grandes choses mystérieuses que Dieu montre la nuit aux yeux qui restent ouverts. ”
Théophile de Viau,
Œuvres complètes de Théophile
“ Aux accens de ta douce voix, Je voy les fleuves et les bois S’embrazer comme a faict mon ame. Si tu mouilles tes doigts d’yvoire Dans le crystal de ce ruisseau, Le Dieu qui loge dans ceste eau Aymera, s’il en oze boire. Presente-luy ta face nue, Tes yeux avecque l’eau riront, Et dans ce miroir escriront Que Venus est icy venue. Si bien elle y sera despeincte, Que les Faunes s’emflammeront, Et de tes yeux, qu’ils aymeront, Ne sçauront descouvrir la feinte. Entends ce Dieu qui te convie À passer dans son element ; Oy qu’il soupire bellement Sa liberté desjà ravie. Trouble-luy ceste fantaisie, ”
Ernest Renan,
L’Avenir de la science
“ Les religions sont ainsi l’expression la plus pure et la plus complète de la nature humaine, le coquillage où se moulent ses formes, le lit où elle se repose et laisse empreintes les sinuosités de ses contours. ”
