“ Où des empoisonneurs l’effréné péculat Des petits innocents trame l’assassinat ; Où ton nom dans les cœurs s’oublie, ô Maisonneuve ! Celle où l’on voit de loin, sur les bords du grand fleuve. Les temples du dollar affliger le ciel bleu, En s’élevant plus haut que les temples de Dieu ! Les dernières clartés du jour allaient s’éteindre. Depuis longtemps je me croyais tout près d’atteindre La rive montagneuse et farouche du Nord, D’où le noir Saguenay, le fleuve de la Mort, Surgi de sa crevasse ouverte au flanc du monde, Se joint au Saint-Laurent dont il refoule l’onde. ”
Charles Gill
Résumé
Le Cap Éternité, de Charles Gill, est un poème épique qui tisse ensemble les thèmes de la guerre, de la nature et de l’âme humaine, inspiré par les récits homériques. À travers des images fortes de flammes, de navires et de mythes grecs, l’œuvre aborde l’oubli, l’élévation spirituelle et la recherche de l’éternel.
Des citations évoquent les combats des Troyens et des Grecs, les Myrmidons d’Achille, ou les méditations sur la mort et le temps. Ce texte, à la fois lyrique et méditatif, combine traditions classiques et introspection personnelle, offrant une vision originale de l’humanité face à l’infini.
Citations de Le Cap Éternité (Charles Gill)
“ Défiant le calcul, au sein du fleuve obscur Il plonge ; le miroir est digne de l’image. Et quand le vent s’endort au large, le nuage Couronne son front libre au pays de l’azur. Le plomb du nautonier à sa base s’égare, Et d’en bas, bien souvent, notre regard se perd En cherchant son sommet familier de l’éclair C’est pourquoi le passant étonné le compare À la mystérieuse et noire Éternité. Témoin pétrifié des premiers jours du monde, Il était sous le ciel avant l’humanité, Car plus mystérieux que dans la nuit de l’onde Où sa base s’enfonce, il plonge dans le temps ”
“ La lance de Diomède, fils de Tydée, ne peut écarter la mort qui fond sur les Grecs. Je n’ai point entendu la voix du fils d’Atrée mon ennemi ; mais j’ai entendu la voix tonnante d’Hector, qui exhorte les Troyens ; ils répondent par des frémissements guerriers. Les vainqueurs sont dans tout notre camp. Mais qu’ainsi ne soit ; Patrocle, va chasser au loin cette peste ; attaque-les vaillamment ; qu’ils ne portent point la flamme dans nos vaisseaux ; qu’ils ne nous privent point d’un doux retour. Fais périr tous les Troyens, mais abstiens-toi d’attaquer Hector. ”
