“ Les dieux, et la race humaine, esclave des soucis, goûtaient dans l’ombre les tranquilles bienfaits du sommeil. Mais le dieu du tonnerre veille : la nuit, sans repos pour lui, n’a pu l’apaiser : il roule en son cœur d’immenses préparatifs pour venger dans le sang des Grecs les affronts d’Achille. Jupiter avertit en songe Agamemnon que le temps est venu de livrer bataille, et qu’il ne doit plus hésiter à combattre. Ce roi convoque les chefs en conseil, et leur expose l’ordre de Jupiter et la vision qu’il a eue la nuit pendant son repos. ”
Ausone
Résumé
L’Œuvres complètes d’Ausone, un recueil poétique antérieur à l’époque carolingienne, explore les thèmes de la nature, des combats mythologiques et des relations humaines à travers des récits inspirés des œuvres homériques.
Les citations révèlent des scènes où les dieux, comme Minerve ou Jupiter, interviennent dans les destinées des héros (Achille, Ulysse, Ménélas), tandis que les fleuves, les mers et les poissons symbolisent la fluidité de la vie. Ce texte, proche des Iliade et Odyssée, mêle récits épiques et descriptions lyriques des paysages, reflétant un dialogue entre la tradition classique et la poésie latine.
Citations de Œuvres complètes (Ausone)
“ L’oeil n’a plus à percer une voûte de rameaux entrelacés, pour chercher le ciel que lui dérobent de verts ombrages ; l’air est libre, et la transparente clarté du jour ne cache plus aux regards ses limpides rayons étincelant dans l’espace. Je revis alors comme une image de ma patrie, de Burdigala, de sa brillante culture, à l’aspect riant de toutes ces villas dont les faîtes s’élèvent au penchant des rivages, de ces collines où verdoie Bacchus, et de ces belles eaux de la Moselle qui roulent à leurs pieds avec un doux murmure. Salut, fleuve béni des campagnes, béni des laboureurs ”
“ L’enceinte carrée de ses murailles élève si haut ses tours superbes, que leurs sommets aériens percent les nues. On admire au dedans les rues qui se croisent, l’alignement des maisons, et la largeur des places fidèles à leur nom ; puis les portes qui répondent en droite ligne aux carrefours, et, au milieu de la ville, le lit d’un fleuve alimenté par des fontaines ; lorsque l’Océan, père des eaux, l’emplit du reflux de ses ondes, on voit la mer tout entière qui s’avance avec ses flottes. Parlerai-je de cette fontaine couverte de marbre de Paros, et qui bouillonne comme l’Euripe ? ”
