Joseph Conrad,
Le Nègre du Narcisse
(1913)
“ Le navire était prêt à prendre la mer. Le charpentier avait enfoncé le dernier coin qui condamnait le grand panneau et, jetant sa masse, s'était essuyé le front avec lenteur sur le coup de cinq heures. On avait balayé les ponts, huilé le guindeau avant de lever l'ancre; la forte aussière de remorque gisait le long du pont, sur le côté, en longs doubles, un bout remonté et pendant par-dessus le bossoir, paré pour être tendu au remorqueur, qui arriverait, battant l'eau, crachant à grand bruit, chaud et fumant dans la limpide et fraîche paix de la première aube. ”
