Jean L'Herminier

Jean L'Herminier

Résumé

Portrait de Jean L'Herminier Jean L'Herminier Entre ciel et mer (1952)

Le vent porte à la côte et les lames viennent du travers tribord. Les embruns glacés nous ont vite trempés sur la passerelle et je redescends me harnacher en conséquence avant de franchir le bateau-feu du Dyck, car la mer se creusera encore dès que nous aurons quitté le brise-lame sous-marin des bancs de sable, lequel atténue un peu la force des vagues. Comme nous passons le long du bateau-feu, nous le voyons secoué comme un panier à salade sur la mer.
Source : Gallica

Portrait de Jean L'Herminier Jean L'Herminier Entre ciel et mer (1952)

Il n'y a que sur les sous-marins où le contraste est aussi violent entre le calme de l'intérieur et le déchaînement de la passerelle.
Les roulis et les tangages sont durs en bas, mais la rigoureuse étanchéité de la coque épaisse fait illusion sur le réel échevellement de la mer.
Dès qu'on a pris pied sur le plancher de la baignoire, l'eau surgit de partout ; elle s'écoule ou elle embarque ; l'œil qui est à peu près à quatre mètres au-dessus de la ligne de flottaison, se trouve au niveau des crêtes de lames dès que le temps est un peu mauvais et bien au-dessous par grosse tempête.
Source : Gallica

Portrait de Jean L'Herminier Jean L'Herminier Entre ciel et mer (1952)

Le soleil est déjà haut dans le ciel quand je me hâte vers le carré pour prendre mon petit déjeuner avant de remonter sur la passerelle. Je n'ai pas le temps d'avaler une bouchée : la cloche tinte lugubrement. C'est le signal d'alerte contre avions, donnant liberté aux pièces pour tirer en autonomie, dès que l'ennemi sera à portée.
Tout le monde rallie en vitesse son poste. Le mien, au combat, est celui de chef de quart sur la passerelle. Un groupe de onze avions fonce sur nous, venant de la direction du soleil, selon leur tactique habituelle.
Source : Gallica

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