Jean Mauclère

Résumé

Jean Mauclère Sous la flamme de guerre (1946)

En un instant, à bord du Sabre, toute la bordée de quart est debout pour le combat, chacun sachant ce qu'il doit faire, et prêt à exécuter à la seconde, à la devancer peut-être, la pensée du chef. Car l'équipage d'un petit bateau de quelque 300 tonnes, conduit par des officiers d'élite, entraîné par des mois de guerre, forme un bloc remarquablement homogène, où chacun, qu'il soit au Radar, sur la passerelle, à un canon ou dans la machine, a un rôle semblablement essentiel à tenir. Tous ces hommes n'ont qu'une seule intelligence, qu'un seul cœur.
Source : Gallica

Jean Mauclère Sous la flamme de guerre (1946)

L'après-midi entier se traîne ainsi, chargé d'une lenteur mortelle. Plusieurs hommes, éprouvés par la raréfaction de l'air, dorment lourdement sur leur couchette. Le commandant, lui, ne dort pas: il mesure l'épouvantable sort qui menace ses marins, il n'a pas le droit de dormir et n'y songe point. De toute son intelligence, de tous ses sens en éveil, malgré le mal de tête qui
le tenaille de même que ses matelots, il écoute, il guette les bruits de son bateau et il épie ce redoutable silence de la mer, muette et froide sur lui comme une tombe.
Source : Gallica

Jean Mauclère Sous la flamme de guerre (1946)

Quelquefois, dénoncé de nuit par le Radar, le squale rôdait en surface, et les vagues moussaient aux flancs de son kiosque gris. Alors le petit chasseur se ruait de toute la puissance de ses 1.100 chevaux, pièces braquées, prêt à balancer ses grenades; mais le plus souvent l'ennemi disparaissait au plus vite dans un tourbillon d'écume, refusant le combat.
Car mieux valait, pour les sous-marins d'Hitler, affronter dix cargos alliés qu'un chasseur de France. Cependant, telle de ces unités minuscules, au mordant incroyable, ne comptait pas un seul homme âgé de plus de vingt-quatre ans.
Source : Gallica

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