Émile Vedel

Résumé

Émile Vedel Sur nos fronts de mer... (1918)

Car, à bord, on est toujours en présence de l'irréconciliable ennemi qu'est l'Océan, l'autre ne venant que par surcroît, et tout voyage peut être considéré comme une « campagne », ainsi qu'on disait naguère. Que le navire soit chalutier, croiseur ou dreadnought, qu'il « arme »
autre terme non moins significatif pour la pêche à la morue sur le banc de Terre-Neuve, pour un tour du monde, ou doive stationner le long des côtes, ses préparatifs ne différeront guère de ceux que suppose la chasse aux sous-marins ou une sortie pour livrer bataille.
Source : Gallica

Émile Vedel Sur nos fronts de mer... (1918)

Et je passe sur les difficultés de manœuvre et dangers d'abordage dont ceux de la partie seraient seuls capables de se rendre compte. De plus en plus s'enfonce le Rigel, que son commandant ne peut pas se décider à abandonner. Penché sur la cale, un énorme trou tout noir, il écoute anxieusement le sinistre clapotis de l'eau qui s'y engouffre, faisant pression contre les dernières cloisons qui tiennent encore le bâtiment à flot. Quand elles
céderont, ce sera la fin de tout, la grande descente en tourbillon dans l'abîme, et la chose ne saurait plus tarder beaucoup.
Source : Gallica

Émile Vedel Sur nos fronts de mer... (1918)

A 4 h. 50, doublé la ligne des mines (enseigne de vaisseau Augé) . Tout à coup, nous apercevons un sillage qui se précipite sur nous à une vitesse folle. Il a pris naissance à trois ou quatre cents mètres sur notre droite. Mais c'est un éclair. Le temps de voir, et la torpille, qui a manqué l'Animoso, nous passe dessous, heureusement trop bas, par le travers du mât de misaine. Les hommes du gaillard entendent le ronronnement de l'engin qui vient en surface de l'autre côté de nous, puis replonge, reparaît et finit par exploser contre le rivage.
Source : Gallica

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