Émile Vedel

Élements biographiques

Émile Vedel,  Revue des Deux Mondes

“ « Naï, Naï (maître, maître) , Angkor-Wat ! » En même temps, une furieuse secousse fait franchir deux marches à ma charrette, qui vient s’arrêter sur une terrasse, en face d’un lion en pierre. Nous sommes au seuil de la pagode très sacrée.
À mes pieds, s’étend un large sillon tout sombre ; au fond, brillent des reflets d’étoiles ; — c’est un fossé rempli d’eau, large de trois cents mètres. Devant moi, un pont s’allonge dans l’obscurité. Je cherche vainement de l’autre côté, en l’air, l’entassement de constructions que doit présenter le temple.
”
Source : Wikisource

Émile Vedel,  Nos marins à la guerre (sur mer et sur terre… (1916)

“ Attrape à grimper sur le pont, et en vitesse ! Seulement, rien moins que facile de se diriger à tâtons vers les échelles. On a beau connaître à peu près leur emplacement, le chemin est encombré d'obstacles que l'obscurité rend infranchissables : grosses manches à air dont on fait plusieurs fois le tour sans s'en apercevoir, tuyaux dans lesquels on s'empêtre, bailles qui roulent par terre avec vous, cornières tranchantes, boucles funestes aux pieds nus, panneaux grands ouverts devant des gens qui n'y voient goutte, sans compter les glissades occasionnées par la gîte que prend le navire. ”
Source : Gallica

Émile Vedel,  Sur nos fronts de mer... (1918)

“ Quoique blessé à la poitrine, il endura toutes les fatigues et toutes les souffrances de la longue retraite. Épuisé et chancelant, il arrive à Valona et embarque sur la Savoie II. Mais, malgré les soins les plus dévoués et les réconfortants les plus énergiques, ses forces le trahissent. Il sent que c'est la fin. Alors, enlevant son pansement, il plonge l'index dans la plaie, le retire plein de sang, et, saisissant son fusil, vieille arme des temps héroïques, il trace sur la crosse : « Mort aux Bulgares » et expire quelques instants plus tard. ”
Source : Gallica

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