Maurice Larrouy

Élements biographiques

Portrait de Maurice Larrouy Maurice Larrouy,  Les vagabonds de la gloire. , Campagne d'un croiseur… (1916)

“ Hier, l'Autriche nous a vus. Elle a refusé le combat du grand air. Cette nuit, nous en sommes sûrs, nous le devinons dans notre prescience, elle a
dépêché les atroces sous-marins. Ils barrent l'Adriatique et nous guettent. Quand tomberons-nous entre leurs griffes : dans une minute, une heure ou une journée? Chaque éclair nous illumine comme des spectres, mais ils sont enfouis dans l'onde noire. Que ce soit ce croiseur-ci ou le voisin, ou l'un des beaux cuirassés qui se fient à nos regards, nous sentons que nos yeux se perdent dans un océan de duperies.
”
Source : Gallica

Portrait de Maurice Larrouy Maurice Larrouy,  Les vagabonds de la gloire. 2e série… (1917)

“ Déjà l'appareil fait d'imperceptibles soubresauts, tel un félin qui frémit de l'échiné avant l'élan; son corps ne baigne plus dans l'eau; il la rase, il la frôle, retombe à peine et saute; le dur éclaboussement de l'onde couvre le tonnerre du moteur; encore un effort, encore un coup de bélier sur les crêtes du clapotis, et voici la mer qui s'effondre.
Elle descend comme une plaque d'acier, de bronze ou d'or, suivant les jeux de lumière.
Ce que l'on en aperçoit envahit le regard, déborde les yeux, devient infini ; nulle autre sensation n'avertit que l'on monte très vite et très haut.
”
Source : Gallica

Portrait de Maurice Larrouy Maurice Larrouy,  Eaux glacées : Mandchourie, Japon… (1934)

“ Depuis longtemps, nous avons crevé la couche cotonneuse, le désert nuageux, qui oscille à quelques centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, s'éparpille, s'effiloche dans les cavités de plus en plus obscures, se brise aux ramures nues et aux troncs multipliés. Nous sommes entrés au-dessus de tout ce qui appartient à l'homme et à ses œuvres. Il est impossible de trouver le sommeil, quoique l'obscurité totale d'une nuit sans lune s'appesantisse sur l'élan de notre train infatigable.
L'air plus pur, la pression plus légère, font
battre notre cœur d'un pouls précipité.
”
Source : Gallica

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