Léon-Paul Fargue,
Le Piéton de Paris
“ la modernité ? Elle nous a déjà valu une guerre, des catastrophes journalières, du bruit. Et elle vous prépare des surprises autrement soignées, et combien scientifiques ! ”
La modernité désigne l'idée d'agir en accord avec son époque, en rejetant les valeurs jugées obsolètes. Elle incarne l'émancipation, le progrès et l'innovation, en opposition avec la tradition et le conservatisme. Max Weber la considère comme un idéal-type, tandis que Leo Strauss la rattache à Machiavel, marquant une rupture avec les critères religieux.
Les débats actuels remettent en question son universalité, avec des visions divergentes sur sa fin ou son évolution. Jacques Bidet la perçoit comme une « métastructure » économique et politique, soulignant son ambiguïté et sa complexité transversale.
Léon-Paul Fargue,
Le Piéton de Paris
“ la modernité ? Elle nous a déjà valu une guerre, des catastrophes journalières, du bruit. Et elle vous prépare des surprises autrement soignées, et combien scientifiques ! ”
René Doumic,
Revue des Deux Mondes
“ Au contraire il y a dans tout ce qui est moderne je ne sais quoi de vif, de hardi, de généreux. La modernité nous séduit aussitôt, par un charme qui est en elle et qui vient de la secrète conformité avec nos goûts. ”
Henri Hauser, La modernité du XVIe siècle (1963)
“ Or, si nous étudions en ce siècle les héros de la pensée, ne voyons-nous pas se constituer grâce à eux une nouvelle conception de la science et de la nature, une nouvelle conception de la religion, une nouvelle conception de la morale, individuelle et sociale ? Eux-mêmes, chose notable et presque exceptionnelle dans l'histoire, ont eu le sentiment très net qu'ils vivaient une époque nouvelle. D'ordinaire les contemporains n'ont pas conscience de leur propre nouveauté. Ils laissent aux âges futurs le soin de caractériser, de nommer leur temps. ”
“ Ces créations, ce sont les produits du travail, les techniques par lesquelles s’effectue ce travail, les institutions de tout ordre qui constituent la société, la formation ou éducation des hommes eux-mêmes, les œuvres, plus intellectuelles que matérielles, dans lesquelles s’incorporent les idées, les sentiments, les volontés, œuvres de science, d’art, de littérature, les documents de toute espèce en lesquels s’opère comme un dédoublement de l’être et de la pensée de l’homme ou un dédoublement des choses de la nature. L’ensemble de ces créations constitue la civilisation. ”
Alexandre de Humboldt, Revue des Deux Mondes
“ Ne craignons pas non plus que la direction qui caractérise notre siècle, que la prédilection si marquée pour l’étude de la nature et pour les progrès de l’industrie, aient pour effet nécessaire de ralentir les nobles efforts qui se produisent dans le domaine de la philosophie, de l’histoire et de la connaissance de l’antiquité ; qu’elles tendent à priver les productions des arts, charme de notre existence, du souffle vivifiant de l’imagination. ”
J. Bourdeau, Revue des Deux Mondes
“ Après l’âge de fer, l’âge du papier et de l’imprimerie ; après la civilisation religieuse, la civilisation scientifique et industrielle ; après les croisades, la réforme et le rationalisme : tel est le dernier mot du progrès et le dénoûment de ce roman de l’évolution. ”
Marcel Braunschvig, Notre littérature étudiée dans les textes… (1931)
“ J'admire le dessein, l'économie, l'élévation de l'esprit, l'étendue de la connaissance : mais le changement de religion, du gouvernement, des moeurs, des manières, en a fait un si grand dans le monde qu'il nous faut comme un nouvel art, pour entrer dans le goût et dans le génie du siècle où nous sommes... ”
Johann Kaspar Bluntschli, Théorie générale de l'État, par M. Bluntschli… (1877)
“ Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'esprit nouveau ne s'empare pas seulement des premiers élus de l'intelligence, des prophètes des temps futurs, mais de tous; il éclate sur tous les points de l'horizon ; le besoin du changement est général. Les coeurs s'échauffent à l'espoir d'une vie nouvelle. L'art et la littérature, l'État et la société se transforment. L'esprit du inonde se détourne du moyen âge, et marche vers des créations nouvelles. Comparez les personnes, les institutions correspondantes depuis 1740 et dans les siècles précédents, et vous apprécierez toute la différence. ”
Georges Lafenestre,
Revue des Deux Mondes
“ Là se réunit, là discute et travaille, sous la protection indulgente et familière de patrons éclairés, toute la nouvelle génération, érudits, lettrés, artistes qui, par l’amour et l’étude simultanée de la Nature et de l’Histoire, l’amour du présent et l’admiration du passé, vont émanciper la pensée moderne et renouveler l’âme du monde. ”
Joseph Bard,
100 Têtes sous un bonnet, par Joseph Bard
(1836)
“ Et, je le demande à toute cette jeune et neuve génération qui marchant en tête du mouvement spiritualiste et civilisateur de l'époque, rêve de nouvelles formes pour la poésie, pour l'architecture, pour tout ce qui vient de l'ame et du coeur, qui ne comprend pas de littérature si elle n'est avant tout nationale et SOCIALE , qui renouant aux souvenirs du passé, les espérances de l'avenir , réchauffe les respects populaires, et recueille pour les rendre aux masses, par les lettres, toutes les traditions à demi effacées de religion et de foyer. ”
Georges Bastard, Paris qui roule (1889)
“ Civilisation assez semblable à cette Babel moderne qui projette ses lueurs irisées dans la profondeur du ciel, en répandant sur le vaste univers les merveilles de son génie et les progrès de son industrie. ”
Gustave Larroumet,
Revue des Deux Mondes
“ Nous sommes attachés à la tradition et initiateurs, prompts aux nouveautés et lents à changer nos habitudes ; par-dessus tout, nous aimons ce qui est précis, mesuré, élégant, c’est-à-dire choisi. Aussi, en littérature, en art, en politique, en économie sociale, avons-nous été, pour l’Europe et pour le monde, tantôt des disciples, tantôt des maîtres, mais toujours des juges et, en fin de compte, des modèles. ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Au point de vue littéraire, la vie nouvelle et le progrès sont à une condition, ils sont au prix de la réhabilitation du bon sens, du goût, de la rectitude morale, de toutes ces qualités, en un mot, qui ont subi de notre temps une sorte de déroute, et ici les intérêts de la société et de la littérature se trouvent heureusement confondus. ”
Édouard Montpetit,
Au service de la Tradition française
“ Vous le reconnaissez, puisque vous êtes là, et vous voudrez être les artisans de la pensée et de l’art. C’est par vous que ce progrès pénétrera notre société ; vous vous empresserez à le réaliser, vous y consacrerez votre esprit. ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Voulez-vous sentir encore mieux la nécessité de l’accord de la tradition et de l’évolution de chaque siècle ? Suivez un peu ce raisonnement. Il y a des idées préexistantes à l’humanité elle-même, l’idée du beau, du juste, du vrai, du saint ; elles sont donc préexistantes à toutes les civilisations. Que sont toutes les civilisations, sinon la forme extérieure que revêtent ces idées, l’interprétation de ces idées ? ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Philosophie, législation, gouvernement, industrie, tout ce qu’elle avait il y a mille ans, elle l’a encore aujourd’hui ; et, comme si rien ne devait manquer à notre étonnement, cette civilisation séculaire avait déjà mis en pratique des idées dont l’esprit moderne proclame orgueilleusement la conquête et que nous avons la prétention d’imposer au reste du monde. ”
Gaspard Blanc, L'empire et la France nouvelle… (1872)
“ Notre civilisation empressée et rapide, nous emporte en courant vers de nouveaux progrès ; chaque jour elle appelle notre attention sur de nouvelles créations , suide nouvelles entreprises : en élargissant notre horizon intellectuel, elle aiguise notre esprit, active notre jugement et ne nous laisse plus guère le temps de réfléchir pendant de longues heures, sur la valeur et la portée d'une oeuvre de longue haleine, composée selon toutes les règles des vieux principes classiques. ”
Gabriel Tarde, Fragment d'histoire future
“ Tous les documents contemporains s’accordent à attester la vitesse, la profondeur, l’universalité du changement qui s’opéra dans les mœurs, dans les idées, dans les besoins, dans toutes les formes de la vie sociale nivelées d’un pôle a l’autre, à la suite de cette unification du langage. ”
Antoine Mollière, Études de politique rationnelle… (1871)
“ Mais il est avant tout une race, une langue et une religion, le tout implanté dans une terre fécondée par le travail de générations successives. L'esprit de tradition le commence, l'esprit de perfectionnement le développe, l'esprit de réforme le complète, et l'esprit de révolution le dissout et l'anéantit. ”
Charles Aubertin, L'esprit public au XVIIIe siècle…
“ Élevé si haut par une suite admirable de progrès, l’esprit humain allait-il brusquement retomber en pleine barbarie ! On avait changé et perfectionné tant de choses depuis le XVIe siècle : on avait adouci les mœurs, orné les esprits, embelli la vie ; la société, transformée par des arts ingénieux, s’était revêtue de brillantes apparences. ”
Henri Grégoire,
Mémoires de Grégoire, ancien évêque de Blois
“ Vous avez émancipé l’esprit humain ; il faut actuellement révolutionner les arts, rassembler tous leurs matériaux, tous leurs moyens, et transmettre cet héritage aux générations futures. Tous les genres de connaissances sont liés : ouvrons-en toutes les sources, afin que toutes les vérités éclipsent toutes les erreurs, afin que la raison publique s’avance à pas de géant, et que tout concoure à la gloire et à la prospérité de la république. ”
“ Ils les imaginent et les mènent à bien, composant ainsi avec la nature cet art suprême qu’est la vie. Ce sont ces nouvelles combinaisons, ces nouvelles œuvres de l’art de vie, que l’on appelle le progrès. ”
Paul-Antoine Cap, Études biographiques pour servir à l'histoire des sciences… (1857-1864)
“ Vingt historiens en ont raconté les événements politiques et ont dit ce que les langues, la littérature, les beaux-arts, la philosophie, la raison générale doivent à ces quelques années, pendant lesquelles, abandonnant la plupart des doctrines et des usages des siècles antérieurs, l'esprit humain marcha vaillamment à la conquête des idées, des vérités et des principes qui devaient servir de base à une civilisation nouvelle. ”
Stefan Zweig,
Émile Verhaeren, sa vie, son œuvre
“ Ceci est une création du dix-neuvième siècle, une valeur nouvelle dans notre état vital, avec quoi il faut compter, et qui, dans notre développement, n’a pas moins d’importance que toutes celles du passé. ”
Wilfrid de Fonvielle,
L'homme fossile : étude de philosophie zoologique
(1865)
“ Pourquoi, du reste, ne pas briser les liens qui rattachent la société moderne à celle du moyen âge? Pourquoi ne ferait-on point en plein dix-neuvième siècle, pour l'histoire moderne, ce que d'éminents penseurs ont tenté avec succès, à la renaissance de l'esprit humain, pour les recherches purement philosophiques? ”
Marie-Louise Gagneur,
La croisade noire : roman contemporain…
(1872)
“ Mais aujourd'hui que la civilisation s'est développée par la grande culture, par la haute industrie, par les progrès des sciences et des arts, l'humanité est mûre pour l'ordre préétabli par les lois éternelles. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 juillet 1876
“ Il est évident que, dans cette connaissance du caractère propre à chaque peuple et des facultés qui composent son génie, il est nécessaire de classer les idées, les sentimens, les passions, d’en faire l’histoire comparée, de marquer la part de la tradition, celle du fonds commun à la nature humaine, de préciser les origines, de suivre les transformations. ”
Joseph Félix, Une famille au XVIe siècle, document original… (1868)
“ Puissiez-vous, en faisant souvent des découvertes comme celle que vous venez de faire, multiplier pour notre présent les exemples de notre passé, et par là donner à un siècle dont les besoins sont immenses ces leçons dont il ne peut ni contester la vérité historique ni dénier l'influence sociale ! Puissieiz-vous, par la persévérance d'une activité intelligente et d'un labeur désintéressé, contribuer, pour votre part, à cette oeuvre de réforme sociale qui préoccupe aujourd'hui tant d'esprits distingués et tant de coeurs généreux ! ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Ce travail intime et profond accompli, la transformation des mœurs et des usages suivra son cours. Elle ira jusqu’où elle peut aller, et elle s’arrêtera aux limites que comportent notre temps et la vie moderne. ”
Auguste Comte,
Cours de philosophie positive.…
“ C'est aux philosophes positifs qu'il appartiendra de restaurer, à leur usage idéal, d'après une étude approfondie du passé, ce que le mouvement général de la civilisation moderne a dû soustraire irrévocablement à la vie réelle. ”
Charles Adam, La Philosophie en France. (Première moitié du XIXe siècle… (1894)
“ Des siècles sont nécessaires pour construire un nouvel édifice , et , quoique plus large et plus élevé que l' ancien , et mieux approprié aux nouvelles aspirations de l' âme humaine , sans doute ce ne sera pas encore le dernier et le plus parfait en ce monde . Mais pourquoi chaque siècle ne vivrait -il pas avec un certain degré de morale et de métaphysique , comme de science , une morale et une métaphysique d' une certitude semblable , c'est - à - dire toute relative aux progrès accomplis jusqu' alors ? ”
Charles Wagner,
Jeunesse
(1892)
“ La conception matérialiste du monde et les parties de notre civilisation qui en sont le résultat momentané nous apparaissent en conflit avec l’esprit moderne sur tous les points. L’esprit moderne représente, après tout, le patrimoine résumé des siècles. L’épithète de moderne indique seulement sa tendance et sa méthode, mais non pas son contenu, venu de partout. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Du principe de l'art et de sa destination sociale
“ Que faire donc aujourd’hui ? Attendre que la société, en réformant son organisation économique et politique, ait pu réformer ses mœurs ; qu’en réformant ses mœurs, elle ait pu modifier, recréer les visages. ”
François-René de Chateaubriand,
Œuvres complètes
“ Le résultat de tant d’efforts, les connoissances positives acquises sur tant de lieux, le mouvement de la politique, le renouvellement des générations, le progrès de la civilisation, ont changé le tableau primitif du globe. ”
E. Caro, La vraie et la fausse démocratie…
“ Tout cela n’est, après tout, que la part plus ou moins grande à faire en toute chose à l’élément humain, variable et complexe, et à l’élément historique, à la tradition, à la force des influences accumulées de la race et du temps. ”
“ À dissimuler dans un coin le modernisme du cœur, le modernisme de la charité pour mettre en valeur, en fausse valeur, en lumière, en fausse lumière, pour mettre en surface, en vue, dans toute la surface le modernisme intellectuel, l’appareil du modernisme intellectuel, le solennel, le glorieux appareil. ”
M. Berthelot, Revue des Deux Mondes
“ Aujourd’hui, nous pouvons juger les choses avec plus d’impartialité, et le moment est venu de restituer à l’histoire de la civilisation les longs travaux de nos prédécesseurs et d’apprécier les services qu’ils ont rendus à la fois aux arts pratiques et à la philosophie naturelle. ”
Le P. Almerici, Épreuves et espérances. Pensées sur les souffrances actuelles de la société… (1874)
“ Si l'on examine les besoins, les tendances et les aspirations de notre époque, il en résulte la conviction qu'elle est une des plus importantes, que notre siècle est un siècle de renouvellement, et que par conséquent l'esprit qui agite aujourd'hui l'humanité est un esprit de rénovation dont les oeuvres seront fécondes. ”
Nicolas de Condorcet,
Œuvres de Condorcet
“ Parmi les philosophes qui ont regardé le progrès des lumières comme le seul fondement sur lequel le genre humain pût appuyer l’espérance d’un bonheur universel et durable, plusieurs ont cru que ces mêmes progrès pouvaient nuire à ceux des lettres et des arts ; que l’éloquence et la poésie languiraient dans une nation occupée de sciences, de philosophie et de politique. ”
René Doumic,
Revue des Deux Mondes
“ Les modernes eux-mêmes se soucient-ils donc si peu de renouveler leurs argumens, et d’en rafraîchir la nouveauté ? Qu’ils y prennent garde ! Leur modernisme date déjà de deux siècles. Ils sont en train de passer anciens. ”
Gaston de Rousiers, Éloge d'Eusèbe de Laurière, jurisconsulte du XVIIe siècle… (1875)
“ Tous les progrès se déroulent, de la sorte, à leur temps et à leur heure; l'action successive des siècles, l'influence des faits du passé sur les actes du présent, préparant eux-mêmes l'avenir, se présente plus claire et plus décisive ; on assiste pour ainsi dire, de cette façon, à l'épanouissement même de la civilisation. ”
Vladimir Karenin, George Sand, sa vie et ses œuvres
“ Dans cette nouvelle société, l’aristocratie sera représentée par ceux qui suivent l’une des trois voies conduisant l’humanité vers l’idéal : les artistes, les savants, les industriels ; de là, l’aristocratie de l’esprit ; de là aussi, la célèbre formule : « à chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres. » ”
Eugène Müntz,
Revue des Deux Mondes
“ D’une part, une société plus choisie, une culture plus complète et plus haute, une plus grande liberté intellectuelle, un idéal plus noble ; de l’autre, une habileté technique qui tient du prodige, et l’intuition la plus profonde des mystères de la vie ”
“ Mais après cette époque jusqu’à la mort, j’apperçois malheureusement un progrès trop sensible qui ne ressemble point du tout à celui de la perfection. A. Ce que vous dites peut bien être vrai pour les individus. Mais les nations, les siècles, le genre humain ! B. Les nations, les siècles, le genre humain ne sont composés que d’individus, et dans leur existence collective, le cours de leurs destinées me paraît avoir eu toujours le rapport le plus frappant avec celui des destinées de chaque individu. ”
Édouard Marc, Les travaux publics chez les anciens et chez les modernes… (1884)
“ Nous avons bien le droit, on le voit, d'affirmer que, grâce aux forces multiples que nous avons énumérées, notre siècle aura vu, sous une forme nouvelle et féconde, la pensée et la science décrire, chacune, leur orbe grandiose, et opérer leur conjonction pour frayer la voie des améliorations et des progrès nouveaux aux générations à venir. ”
Marseille, au XIXe siècle, est une cité paradoxale qui dévore ses propres racines architecturales pour mieux renaître. Sans monuments séculaires à vénérer, comment cette métropole en constante effervescence a-t-elle pu forger une mémoire visuelle, et quel rôle la photographie, alors tiraillée entre art et industrie, a-t-elle joué dans cette quête d'identité éphémère ?
L'Espagne, éternellement tiraillée entre l'image exotique et arriérée que lui impose le regard européen, et l'affirmation d'une essence nationale irréductible, se trouve à la croisée des chemins. Faut-il renoncer à ses « prétentions surannées » ou puiser dans l'orgueil de son passé pour se moderniser ?
