Résumé

E. Caro La vraie et la fausse démocratie…

On ne tolère pas dans l’école radicale que le suffrage universel se conduise à sa guise. On ne le trouve légitime qu’à la condition qu’il suive exactement la voie qu’on lui a tracée d’avance. La souveraineté du peuple, c’est la source auguste des oracles indiscutables. Oui, pourvu qu’elle parle comme on veut qu’elle parle, et que ses oracles soient de tout point conformes aux décisions des fortes têtes du parti. Elle est la liberté même à sa plus haute expression, puisqu’elle est la liberté de sanctionner ce que la raison supérieure de ses penseurs et de ses : hommes d’état a décidé pour elle.
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E. Caro La vraie et la fausse démocratie…

C’est ce qu’exprimait spirituellement un homme politique de ce temps, un de ceux qui voient le plus juste et le plus clair, quand il posait la distinction de ces deux écoles, celle de la république acceptée et celle de la république imposée. La république acceptée, c’est un grand fait de souveraineté nationale librement approuvé et consenti. Rien de plus régulier ni de plus légitime. La république imposée, c’est la confiscation de la volonté du pays au profit d’une théorie, c’est le droit positif violé par un droit mystique, c’est la violence aggravée d’une hypocrisie.
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E. Caro La vraie et la fausse démocratie…

Les violer, c’est commettre un crime de lèse-humanité. Qu’on passe la mer au plus tôt, et qu’on aille les promulguer, comme l’axiome indiscutable de la raison, devant la nation la plus politique de l’univers, chez les Anglais ! Qu’on aille sérieusement soutenir devant eux qu’il y a crime pour un pays à stipuler sur sa propre souveraineté, à engager les générations futures. Comme ils seront charmés d’une pareille prédication ! Comme ils se montreront sensibles aux scrupules de ces bonnes âmes qui souffrent de ce crime national en permanence, la maison royale d’Angleterre !
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