Résumé

F. de Corcelle De la Démocratie américaine

Il n’y a rien de si commode que de s’en tenir ainsi aux résultats obtenus, de suivre le courant des incertitudes de la majorité, sans rien entreprendre au-delà, de considérer enfin comme définitif ce qui a pour soi la force du pouvoir. Mais il faut être bien aveugle pour admettre que cette démocratie matérielle puisse se passer d’une ame ; que le gouvernement n’ait pas besoin de sentiment populaire et de grandeur, d’institutions morales, d’esprit de cité, et d’une extension graduelle des droits du pays proportionnée aux progrès de notre commune éducation.
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F. de Corcelle De la Démocratie américaine

La Providence a donné à chaque individu le degré de raison nécessaire pour qu’il puisse se diriger lui-même dans les choses qui l’intéressent exclusivement. Telle est la grande maxime sur laquelle repose la société civile et politique de ce continent. Le père de famille en fait l’application à ses enfans, le maître à ses serviteurs, la commune à ses administrés, la province aux communes, l’état aux provinces, l’Union aux états. Étendue à l’ensemble de la nation, elle est la plus haute expression de la souveraineté du peuple.
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F. de Corcelle De la Démocratie américaine

Sous ce rapport, la démocratie met l’esprit de cour à la portée du grand nombre.
Il n’y a pas de pays où il règne moins d’indépendance d’esprit et plus de véritable liberté de discussion qu’en Amérique. La majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au dedans de ces limites, l’écrivain est libre, mais malheur à lui, s’il ose en sortir ! Ce n’est pas qu’il ait à craindre un auto-da-fé, mais il est en butte à des dégoûts de tous les jours. La majorité vit dans une perpétuelle adoration d’elle-même ; elle peut tout et se croit infaillible.
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