Fr. de Corcelle

Résumé

Fr. de Corcelle Revue des Deux Mondes

Après la gloire individuelle du génie et de l’héroïsme, qu’y a-t-il de plus grand que l’exercice de la souveraineté populaire, quand il est véridique et quand son but est légitime ? En même temps, qu’y a-t-il de plus odieux que l’exploitation d’une minorité noire par une majorité blanche ? La souveraine prérogative qui exalte le maître, déprime l’esclave. En Turquie, dans la plus affreuse détresse, il n’y a qu’un despote ; dans les états méridionaux de l’Union ; il y a pour chaque fait de tyrannie contre les noirs des millions de tyrans.
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Fr. de Corcelle Revue des Deux Mondes

Quelle honte ! dites-vous, des démocrates possesseurs d’esclaves !... Eh ! messieurs, nous sommes assurément bien supérieurs à des démocrates, nous qui avons, pour l’affranchissement de quelques milliers de noirs, tous les moyens d’exécution qui manquent à l’Amérique. Il serait temps d’être plus modestes ou de prouver notre supériorité autrement que par de sublimes invectives.
En Amérique, dans les états dominés par les passions des planteurs, si l’on ne se tait pas sur la servitude, l’on brave à ses risques et périls d’infâmes outrages.
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Un point de départ différent a sans doute valu aux Américains des mœurs plus pures et une plus grande énergie individuelle, mais ils ont perdu en sécurité une partie de ce qu’ils ont gagné en civilisation.
L’émancipation du noir, aux États-Unis, ne le fait libre que de nom. Rarement, lorsqu’il est affranchi, il peut devenir pour le blanc un rival dans le commerce ou dans l’industrie. L’abandon, le mépris universel, le réduisent soit à la mendicité, soit au service domestique. Ainsi, la création d’une classe inférieure est la conséquence de l’affranchissement.
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