Résumé

Portrait de Élisée Reclus Élisée Reclus De l’esclavage aux États-Unis

Chaque homme est son ennemi, le blanc parce qu’il est libre, le nègre parce qu’il est encore esclave ; il ne peut compter que sur lui-même dans cet immense territoire, qu’il mettra des mois ou des années à franchir ! Le plus souvent, il n’arrive pas au terme de son voyage ; il se noie dans quelque marécage, il meurt de faim dans la forêt, ou bien il est suivi à la piste par des chasseurs d’hommes, saisi à la gorge par le dogue d’un planteur et mené à coups de fouet dans la geôle la plus voisine.
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Portrait de Élisée Reclus Élisée Reclus De l’esclavage aux États-Unis

L’esclave américain est né dans l’esclavage, son père avant lui et son grand-père étaient esclaves ; toutes ses traditions sont des traditions de servitude ; il voit tous ses ancêtres une bêche à la main, son maître est devenu pour lui une institution, le destin lui-même ; rêver la liberté, c’est rêver l’impossible. Aussi dur que soit son labeur, il y est habitué autant qu’on peut l’être ; les coups de fouet sont pour lui un des nombreux, mais nécessaires désagrémens de la vie.
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C’est pour cette raison que, pendant les guerres civiles de l’Amérique espagnole, presque tous les noirs ont été libérés. Quand la terre est en friche, l’esclave est libre. Les planteurs le savent ; ils savent que le moindre soulèvement les menace de ruine, ils n’oublient point que la tentative de John Brown, tentative qui n’a pas même réussi à provoquer une insurrection, a coûté près de 5 millions à l’état de la Virginie. Pour conjurer le danger, ils redoublent de sévérité, et par cela même s’exposent encore davantage ; leurs terreurs ne peuvent servir qu’à augmenter l’audace des esclaves.
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