Résumé

Portrait de Charles Savary Charles Savary Alexis de Tocqueville : sa vie et ses ouvrages… (1868)

Il ne croyait pas qu'il ne pût y avoir de salut pour la liberté que dans une forme exclusive de gouvernement ; et si la démocratie lui inspirait des inquiétudes, ce n'est pas qu'il s'enfermât en politique dans le cercle étroit d'un système. Mais, s'il ne mettait pas en doute que la forme et l'origine des pouvoirs publics ne pussent différer suivant les temps et les mœurs, il voyait, en même temps, que le principe commun, par lequel les gouvernements libres se distinguent de ceux qui ne le sont pas, est de ne jamais concentrer dans les mêmes mains la souveraineté absolue
Source : Gallica

Portrait de Charles Savary Charles Savary Alexis de Tocqueville : sa vie et ses ouvrages… (1868)

Les pensées doivent croître, pour ainsi dire, dans l'orateur, à mesure qu'il parle, et les plus sublimes sont toujours celles que lui suggère la vue d'un auditoire suspendu à ses lèvres.
L'écrivain, le philosophe surtout, est soumis à d'autres lois. Il cherche laborieusement une perfection qu'il n'atteint jamais sans une poursuite obstinée, et s'il
parvient à donner une forme rigoureuse à sa pensée, s'il la livre au lecteur dans un style digne d'échapper à l'oubli, c'est le fruit d'une patience opiniâtre et d'une lente méditation.
Source : Gallica

Portrait de Charles Savary Charles Savary Alexis de Tocqueville : sa vie et ses ouvrages… (1868)

Pendant les vingtquatre années qui séparent la Démocratie en Amérique de l'Ancien Regime et la Révolution, son esprit toujours en travail, s'était assoupli sans perdre sa vigueur première ; son nouvel ouvrage, moins systématique dans la forme, moins jeune peut-être que le précédent, avait aussi un tour plus libre, plus de finesse et de variété dans les aperçus, moins de rigidité dans la pensée. L'homme d'État s'y laissait mieux apercevoir, tout en laissant au philosophe une part digne de lui.
Source : Gallica

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