Résumé

Quelques conséquences du principe égalitaire (1881)

Quel pays, pourtant, a plus besoin d'une justice parfaite? Nous sommes dans une période d'enfantement et de transformation politique. Ce devrait être un motif de plus, pour qu'au milieu du changement de tout le reste, la justice soit un principe inébranlable, un point de repère fixe et sûr. La France entre de plus en plus dans la voie de la production, du travail; raison de plus pour avoir des tribunaux au-dessus de tout soupçon, et à l'abri de la politique. Le commerce et l'industrie ne peuvent vivre s'il n'y a des tribunaux équitables.
Source : Gallica

Quelques conséquences du principe égalitaire (1881)

Le « sans dot » de Molière est répété tous les jours au sérieux, non seulement chez des financiers, mais chez tout le monde. « Combien a-t-il? combien a-t-elle?» est devenu le principe tellement incontesté en matière de mariage, qu'on ne songe même plus à s'élever contre, et que les mariages qui se font d'après des principes différents sont des bizarreries ; on les critique. On a fini par se classer par rang de fortune comme autrefois par quartiers de noblesse; les gens assez riches pour avoir des hôtels et des chevaux ne consentent à frayer qu'avec leurs semblables.
Source : Gallica

Quelques conséquences du principe égalitaire (1881)

C'est une grosse question de savoir s'il n'est pas bon pour le pays que certaines personnes aient des droits et des devoirs distincts de la masse, et cela méritait au moins examen.
Toutes les républiques anciennes que parodiait la Révolution avaient une aristocratie de caste; elles admettaient jusqu'à l'esclavage. Aujourd'hui encore, dans l'Europe entière, la France est le seul pays qui méprise la sienne. En Espagne, en Allemagne, en Autriche, en Angleterre, en Russie, partout, il y a encore une noblesse, et l'Europe ne s'en trouve pas plus mal.
Source : Gallica

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