Résumé

Portrait de Ernest Cœurderoy Ernest Cœurderoy Trois lettres au journal « L’Homme »

Mon cher citoyen, vous vous trompez d’adresse.
Tenez, voulez-vous que je vous dise mon opinion sur toutes les autorités et craties [2] du monde — depuis la démocratie que veut dire domination des majorités jusqu’à l’autocratie qui signifie domination d’un seul ? — La meilleure n’en vaut rien. C’est pourquoi je suis en lutte avec toutes, officielles et officieuses ; — c’est pourquoi je ne veux être ni César ni prétorien, ni chef ni soldat, ni maître ni esclave, ni fétiche ni adorateur, ni mômie, ni crétin, ni homme de paille, de carton ou de plâtre.
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Portrait de Ernest Cœurderoy Ernest Cœurderoy Trois lettres au journal « L’Homme »

C’est pourquoi je pense, j’écris et je suis seul. À mon sens, c’est le plus grand éloge qu’on puisse faire d’un homme que de dire qu’il est seul, et je vous remercie de me l’avoir adressé. Car ce n’est pas vous, qui êtes de la minorité, qui vous en vantez, et qui avez raison ; ce n’est pas vous qui pouvez croire me blesser en m’écrivant que mon école ne fera pas fureur, et qui pensez qu’une question de science sociale puisse être résolue par une addition de partisans.
Je ne suis pas avec les Révolutionnairres, je suis avec la Révolution.
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Et si nous ne pouvons nous refuser à reconnaître l’utilité d’aucun mouvement social, même du Communisme, pourquoi ne voudrions-nous pas nous rendre compte de l’utilité providentielle de la Féodalité, des Croisades, de l’Émancipation des communes, de la Civilisation de l’Épicier elle-même ? Et puisque nous avons avalé — je dis avalé — celle-là, en quoi serions-nous donc tant effrayés de l’ère des Cosaques ? Pour moi, je le dis bien haut : Tout plutôt que la garde nationale de juin 1848 et la société dont elle est l’arc-en-ciel !
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