Tribune

Définition et enjeux

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Napoléon le Petit

La tribune était là. Une voix aimée s’élevait et disait au peuple : arrête, regarde, écoute, juge ! Si forte virum quem conspexêre, silent ; ceci était vrai dans Rome et vrai à Paris ; le peuple s’arrêtait. O tribune ! piédestal des hommes torts ! de là sortaient l’éloquence, la loi, l’autorité, le patriotisme, le dévouement, et les grandes pensées, freins des peuples, muselières de lions.
En soixante ans toutes les natures d’esprit, toutes les sortes d’intelligence, toutes les espèces de génie ont successivement pris la parole dans ce lieu le plus sonore du monde.
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Napoléon le Petit

Mais le peuple ne renverse pas les tribunes. Les tribunes sont à lui, et il le sait. Placez une tribune au Centre du monde, et avant peu, aux quatre coins de la terre, la République se lèvera. La tribune rayonne pour le peuple, il ne l’ignore pas. Quelquefois la tribune le courrouce et le fait écumer ; il la bat de son flot, il la couvre même ainsi qu’au 15 mai, puis il se retire majestueusement comme l’océan et la laisse debout comme le phare. Renverser les tribunes, quand on est le peuple, c’est une sottise
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Napoléon le Petit

La tribune. La tribune, c’est la paix, et la tribune, c’est la conquête. Les conquêtes par l’épée, qui en veut ? Personne. Les peuples sont des patries. Les conquêtes par l’idée, qui en veut ? Tout le monde. Les peuples sont l’humanité. Or, deux tribunes éclatantes dominaient les nations, la tribune anglaise, faisant les affaires, et la tribune française, créant les idées. La tribune française avait élaboré dès 89 tous les principes qui sont l’absolu politique, et elle avait commencé à élaborer depuis 1848 tous les principes qui sont l’absolu social.
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