Résumé

Désiré Tricot Poésies d'un fantasque, par Désiré Tricot… (1845)

« Qu'ai-je affaire ici-bas, qu'ai-je affaire en ce vide ?
» Mon cœur est mort de froid et mon ame est aride.
» Tout s'étale à mes yeux terne et décoloré ; » Nul grain d'ambition, nul beau rêve doré, » Nul doux épanchement, pas un baiser de femme » N'a fait battre mon cœur, ni fait parler mon ame.
» Je n'ai point un ami qui comprenne, ô ! malheur !
» L'ennui qui me dévore et me tue en ma fleur !
» Ma fleur ! ah ! qu'ai-je dit ? La vie inerte et sèche » Ce vide où s'engloutit ma jeunesse revêche, » Je l'appelle fleur!.. Dieu! quelle fleur!
Source : Gallica

Désiré Tricot Poésies d'un fantasque, par Désiré Tricot… (1845)

Qu'il transformât un rêve en réalité — comme En cercueil un berceau !
Que la douce amitié, ce suave dictame, Cette manne du ciel, Aux pleurs du malheureux dont la voix la réclame, Pût emprunter du fiel!
J'ignorais (mais je sus depuis, science amère! )
Que l'âge pût tarir La source de l'amour dans le sein d'une mère Sans la faire mourir.
Et maintenant enfin que de mes rêves d'ange Je suis déchu si bien ; Afin que ne s'échappe avec eux dans la fange Ma robe de chrétien,
Oh ! ne me dites pas que le doute est sagesse, Que la religion, La foi, l'espoir en Dieu, sont, hélas !
Source : Gallica

Désiré Tricot Poésies d'un fantasque, par Désiré Tricot… (1845)

Mon ame est pure et mon cœur est humain ; Sécher les pleurs eût été mon envie, Et bien qu'inerte et pénible, la vie Pèse sur moi, jamais, Truffaut, ma main
N'a refusé le pain qui fortifie, Ni l'humble obole à qui m'a dit : « J'ai faim ! »
Sont-ce bien là, source immense de l'être, De l'univers sublime ordonnateur, De ton saint code et l'esprit et la lettre, Est-ce bien là vivre selon ton cœur ?
Est-ce la loi, que ta voix, comme un foudre, Grosse d'éclairs, du haut du Sinaï, Tonnait aux Juifs qui, le front dans la poudre, S'annihilaient devant Adonaï ?
Source : Gallica

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