Léon Magnier

Résumé

Léon Magnier Bruits du siècle : poésies (1843)

Ah! quel plaisir sublime De voler par l'abîme, De voler par les cieux , Et de sentir la brise Qui sur le front se brise, Charme délicieux !
Suis-je un mortel profane , Ou l'ange diaphane Au vol audacieux ?
L'Ange.
Regarde autour de toi; rien ne borne ta vue; Le voile est déchiré dans la vaste étendue ; A tes yeux éblouis brille la vérité.
L'infini t'apparaît, cette chose invisible, Qui vous semble impossible Comme l'éternité!
Le Poète.
Mon Dieu, je vous comprends ; vous êtes la grande âme D'un rayon ici-bas allumant toute flamme; Oh ! pour vous deviner j'avais déjà la foi !
Source : Gallica

Léon Magnier Bruits du siècle : poésies (1843)

Que le poète s'élève au-dessus des murmures de la foule! qu'il n'entraîne pas les passions dans une voie subversive! qu'il ne sème pas la haine et la discorde ! qu'en défendant le pauvre et l'opprimé, il rende meilleurs les hommes ! qu'il dise comme Jésus : frères, entr'aimez-vous! Conduire l'Humanité dans sa marche ; la pousser vers un sort plus heureux; consoler le cœur; montrer en rêvant, l'infini, l'éternité , Dieu; peindre la nature, ce visage de Dieu ; enfin guider l'homme vers l'avenir, l'àme dans l'immensité, tel est le but de la véritable et haute poésie.
Source : Gallica

Léon Magnier Bruits du siècle : poésies (1843)

Que le soir calme et frais, à la clarté sereine, Soit l'heure du repos !
Les parfums des jardins s'élèvent vers la nue ; Oh! comment pouvez-vous — lorsque l'heure est venue De rêver au seigneur, — Dans un fétide lieu humer votre cigare, Et près des tapis verts où la raison s'égare, Abrutir votre cœur?
A moi la liberté qui fait qu'on se sent vivre, La brise et les parfums dont joyeux je m'enivre, L'air pur que nous aimons !
L'air concentré m'oppresse et m'étouffe et me tue; Il faut les champs, les bois, à mon àme abattue, Et l'air à mes poumons!
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature