Amable Tastu,
Album poétique des jeunes personnes…
(1854)
“ L'effroi suspend ses pas, l'effroi les précipite ; Il appelle : l'écho redouble sa frayeur ; De sinistres pensers viennent glacer son cœur. L'astre heureux qu'il regrette a mesuré dix heures Depuis qu'il est errant dans ces noires demeures. Ce lieu d'effroi, ce lieu d'un silence éternel, En trois lustres entiers voit à peine un mortel ; Et, pour comble d'effroi, dans cette nuit funeste, Du flambeau qui le guide il voit périr le reste. Craignant que chaque pas, que chaque mouvement. En agitant la flamme, en use l'aliment, Quelquefois il s'arrête et demeure immobile. ”
