Emma Baugé, La Sente d'ombre : 1914-1916 (1916)
“ Ce ciel dont l'infini s'offre aux sublimes fous, Éden inviolé, baigné de clarté blonde, Ce ciel, dont l'homme peut en défendre jaloux L'approche et s'écrier : « Je plane sur le monde. » Il monte ! le soleil frappant ses flancs d'acier L'illumine, le sol se dérobe fantasque ; Et c'est comme un frelon qu'attire le brasier, Il va, ronronnant fort, tout droit vers la bourrasque.. L'obus déchirant l'air, éclate près de lui. Les ailes ont perdu des lambeaux, mais qu'importe, Puisque tout un boyau de tranchée est détruit, Et que l'artillerie ainsi conduite est forte! ”
