Henri Cantel

Résumé

Henri Cantel Amours et priapées (1869)

Je t’aime, Hermaphrodite, et je soupire encore !
Viens ! apaise à ton tour le feu qui me dévore ;
C’est un secret nouveau ; viens, et sois mon époux !
Ma fesse peut sans honte et sans remords jaloux
S’ouvrir à ton phallus, comme un œillet qui s’ouvre...
— Beau marbre, adieu ! retourne à ton coussin du Louvre !
AMOUR, OÙ VAS-TU
— « Amour, où vas-tu, la nuit ?
— Je ne dors pas : je voyage ;
Mon aile sur mon passage
S’ouvre légère et sans bruit.
» Quand des cœurs, fraîche vendange,
Je caresse le contour,
La vierge dit : C’est un ange !
La femme dit : C’est l’Amour !
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Henri Cantel Amours et priapées (1869)

On respire une odeur d’amour et de printemps.
CIRCÉ
Les compagnons d’Ulysse, égarés sur les mers,
Ont jeté vers les dieux leurs sanglots en détresse,
Et leur navire aborde, au vent qui les caresse,
Dans l’île de Circé, la déesse aux yeux pers.
Ô femme ! ta beauté rend les hommes pervers !
Les matelots, baisant de loin l’enchanteresse,
Sur un rhythme indolent, ou que le désir presse,
Secouaient leur phallus au bord des flots amers.
En vils pourceaux Circé changea tout l’équipage.
Seul près d’elle, le roi d’Ithaque, fort et sage,
Songeait à Pénélope, et défendait son cœur.
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Henri Cantel Amours et priapées (1869)

Combien de fois, statue à l’amour interdite,
Mon désir entoura ton marbre, Hermaphrodite !
Ton beau marbre endormi, qui, depuis deux mille ans,
Offre aux yeux ses contours audacieux et blancs !
Dans ton corps jeune et froid, qui tente mon envie,
Que ne puis-je verser la pourpre de la vie,
Voir tes lèvres s’ouvrir comme une rouge fleur,
Et sentir de ton sein la mouvante chaleur !
Être mystérieux, pourquoi ta beauté double
Brûle-t-elle le sang de mon cœur qui se trouble ?
Pourquoi sur ton coussin ne t’éveilles-tu pas ?
Je t’aime ! Lève-toi, jeune fille ou jeune homme !
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