Louis-Victor Masson-Thibault, Les primevères (1847)
“ L'éclat est obscurci ? : Aux rayons de l'aurore, » Mieux vaut ne pas éclore, » Que de vivre ignorée ainsi ! » L'autre répond : « Je pense, » Ma sœur, que la prudence » Est toujours mère du bonheur ; « Je pleure ta folie, » Courte sera ta vie ; « L'orgueil enfante la douleur. » Bientôt, je te verrai languir étiolée, » Aux pieds foulée ; » Et moi, je vivrai sans souci. » Aux rayons de l'aurore, » Mieux vaut ne pas éclore, » Que de mourir flétrie ainsi ! » Sur cette terre où rien ne reste, Et la sagesse, et la candeur, A la jeune fille modeste, Conservent des jours de bonheur. ”
