Louis-Victor Masson-Thibault

Résumé

Louis-Victor Masson-Thibault Les primevères (1847)

L'éclat est obscurci ?
: Aux rayons de l'aurore, » Mieux vaut ne pas éclore,
» Que de vivre ignorée ainsi ! »
L'autre répond : « Je pense, » Ma sœur, que la prudence
» Est toujours mère du bonheur ; « Je pleure ta folie, » Courte sera ta vie ;
« L'orgueil enfante la douleur.
» Bientôt, je te verrai languir étiolée,
» Aux pieds foulée ; » Et moi, je vivrai sans souci.
» Aux rayons de l'aurore,
» Mieux vaut ne pas éclore,
» Que de mourir flétrie ainsi ! »
Sur cette terre où rien ne reste,
Et la sagesse, et la candeur, A la jeune fille modeste, Conservent des jours de bonheur.
Source : Gallica

Louis-Victor Masson-Thibault Les primevères (1847)

Je t'aime, tu le sais, belle ange de la terre ; Mais toi, pour qui l'amour est encore un mystère,
Toi, qui portes au front, brillant de pureté, Innocence, candeur, pudeur et chasteté : Prépare-toi, bientôt l'heure sera venue
Que ton esprit saisi d'une force inconnue,
Fera bondir ton sein dans un transport soudain; Qu'il te faudra lutter contre le flot mondain ; Heure où la passion au cœur se vaporise, Où l'on reste en tremblant, jeune fille indécise, Entre les maux d'amour et le besoin d'aimer ;
Où Ton sent un tourment qui sait aussi charmer.
Source : Gallica

Louis-Victor Masson-Thibault Les primevères (1847)

Plus de grand liseron dont la corolle blanche, Flétrie en un instant, languissante se penche Sur le doigt trop ardent qui la presse d'amour !
C'était ta fleur aimée, ô toi si tôt ravie,
Au cœur qui te choisit en entrant dans la vie, Pour ne t'avoir qu'un jour.
Où sont-ils ces élans de volupté, de joie, Où le cœur sous l'amour et le bonheur se ploie, Comme un rameau chargé de ses fleurs au printemps?
Tout ce que, d'un regard, le soleil fait éclore
Se perd avec les fleurs qu'en passant décolore Le pied glacé du temps.
Source : Gallica

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