Georges Rodenbach,
Les Vies encloses
“ Plus formel qu'une lèvre ou des attouchements... Sensation physique et qui s'appuie. Ivresse De la chair se pâmant sous ce baiser de l'oeil!L'oeil voyage. Il franchit le temps et la distance; Même les morts envoient vers nous leur oeil en deuil Qui, des lieux d'autrefois conservant l'accointance, Revient un peu dans nos chambres, comme au parloir, Et pleure avec la pluie aux vitres dans le soir! L'oeil des absents aussi, que le vieux miroir garde, Émerge, se déclôt comme d'un bassin nu, Éclat d'astres lointains jusqu'ici parvenu... C'est avec ces yeux-là que l'ombre nous regarde! ”
