Émile Verhaeren,
Les Blés mouvants
(1912)
“ S'il faut dompter ceux-là qui ne veulent plier, Rien n'est plus fort que son silence. Elle peine de l'aube au soir, Distribuant à tous ses paroles égales, Et l'humble ouvrier trouve une place où s'asseoir Autour de sa table frugale. Ses cheveux, aux bandeaux vermeils, Dorent tout son visage au jour de la croisée, L'ombre est vaste qui suit aux champs, dans le soleil, Sa grande marche balancée. Ses pas sont lourds, mais confiants Comme s'ils s'appuyaient sur le coeur de la terre. Tout l'aime : le vent sain et l'air vivifiant, Et le sol âpre et volontaire. ”
