Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Blés mouvants (1912)

S'il faut dompter ceux-là qui ne veulent plier,
Rien n'est plus fort que son silence.
Elle peine de l'aube au soir, Distribuant à tous ses paroles égales, Et l'humble ouvrier trouve une place où s'asseoir
Autour de sa table frugale.
Ses cheveux, aux bandeaux vermeils, Dorent tout son visage au jour de la croisée, L'ombre est vaste qui suit aux champs, dans le soleil,
Sa grande marche balancée.
Ses pas sont lourds, mais confiants Comme s'ils s'appuyaient sur le coeur de la terre. Tout l'aime : le vent sain et l'air vivifiant,
Et le sol âpre et volontaire.
Source : Gallica

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Blés mouvants (1912)

Bon charpentier. Voici Juillet, mois de lumière. Les couchants d'or sont merveilleux; Des chars de foin, frôlés de feux De loin en loin, là-bas, illuminent les plaines. Comme une torride haleine, Le vent passe sur ceux qui vont Chercher l'amour dans le taillis profond ; Et l'on en voit partir vers les combes secrètes Les bras noués, les corps brûlants, Avec leur faux et son tranchant En croissant pâle, sur leur tête.
Honorons tous le beau mois d'Août Quand les seigles houleux et fous — Epis pesants, tiges fluettes — Versent leurs ombres violettes Sur la clarté des sentiers roux.
Source : Gallica

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Blés mouvants (1912)

Le grain qui doucement au fond d'elles repose, Y vit d'une vie ample et sourde comme un coeur. Loin du bourg où retentissent les attelages Et qui tille le chanvre et qui bat le méteil, Avec leurs chaumes d'or sous un pâle soleil, Elles forment là-bas, comme un autre village ; Le silence circule autour d'elles, et lent, S'en vient dormir le soir auprès du blé qui rêve.
Source : Gallica

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