Albert Néret, Les damnations ; suivies des "Chants révolutionnaires" et de quelques pièces fugitives (1881)
“ Hélas ! la rage au coeur et la soif sur la lèvre, Sous les grands bois qu'ombrage encore le sapin, Ils marchent, harassés, maigris, sentant la fièvre, Ils marchent sans fusils, sans vêtements, sans pain. Où vont-ils ? qui le sait? il n'est pas une route Où l'étranger n'ait fait entendre ses clairons, Il n'est pas un village où l'armée en déroute Ne craigne de trouver les Germains fanfarons. Partout leurs cavaliers à figures serviles Galopent sans relâche à travers monts et vaux, Et partout, ô douleur ! le pavé de nos villes Arrache des éclairs aux fers de leurs chevaux. ”
