Jacques Martel

Résumé

Jacques Martel Le Pays, poèmes (1928)

La rude tâche qu'on achève Venge des sots et des méchants.
Tout homme a de mauvais penchants. Songe à les combattre sans trêve, Au lieu de courir un beau rêve Qui meurt dans le feu des couchants...
Philosophe, sur ta galère,
Rame sans bruit et sans colère, Un jour tu parviendras au port.
Et, si tu sais vieillir en sage, Tu pourras attendre la mort Près du clocher de ton village.
LE PAYS
J'ai conservé de toi, pays qui m'as vu naître, Un souvenir si jeune en mon coeur déjà vieux, Que, bien souvent, le soir, quand l'ennui me pénétre, Ta reposante image apparaît à mes yeux.
Source : Gallica

Jacques Martel Le Pays, poèmes (1928)

Ce calme et riant paysage Où je voudrais, les jours d'orage, Mettre un peu mon coeur à l'abri ; A moins d'en ignorer la route,
Vous le reconnaîtrez sans doute,. C'est un coin de mon vieux Berry.
MÉLANCOLIE
Dieu, que ce soir d'Avril était doux à mon âme Amoureuse de faix et de sérénité.
La nuit sentait l'amour... l'ombre était en beauté, Les étoiles, là-haut, semblaient des yeux de femme En qui le rêve a mis un monde de clarté...
C'était un soir d'extase et de mélancolie, Les peupliers géants avaient de longs frissons.
Source : Gallica

Jacques Martel Le Pays, poèmes (1928)

C'est la veille terre qui rêve Au retour prochain de ses gâs !
Les Gâs qui s'en vont...
Les gâs qui s'en vont bien loin de leur terre Ne comprennent pas leur pieux devoir.
Paris les attire avec son mystère,
Mais un feu maudit fondra leur espoir. Ils quittent la plaine au doux paysage Où le clair soleil mûrit l'épi blond Pour aller chercher la brume et l'orage... Les gâs qui s'en vont.
Les gâs qui s'en vont loin de leur chaumière En abandonnant les champs en labour, Ne connaîtront plus l'aube de lumière Ni le couchant d'or où se meurt le jour.
Source : Gallica

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