Victor Hugo,
Les Chansons d'avril, poésies
(1891)
“ Comme une blanche aurore, Aux cieux et sur la terre avril venait d'éclore. Les oiselets couvraient les arbres rajeunis De nouvelles amours, de chansons et de nids; Les fleurs, vierges encore, aux caresses des brises Ouvraient timidement leurs coupes indécises, Et l'on voyait déjà les premiers papillons S'élever en jouant dans les premiers rayons. — Avril me fait rêver du Bonheur: la Nature Sourit comme une mère à toute créature. Aussi, dès l'aube, un jour, je courais dans les champs, Le front haut, l'oeil serein et le cœur plein de chants; Et je vins à Meudon. ”
