Daniel Bernard

Résumé

Daniel Bernard Les Virelais de Daniel Bernard (1865)

Derrière la foudre et l'orage Mieux vaudrait reposer là-bas.
Car au revers de la tourmente Le printemps s'égaie et sourit. L'onde coule, l'arbre fleurit, L'arbre touffu, l'onde écumante. — Se peut-il que je me lamente? Le printemps s'égaie et sourit Au revers de cette tourmente.
Or, il faudrait pour s'en aller Traverser la bise et la pluie. Dans une semblable folie Craindrais-tu pas de te mouiller ? Il faudrait pour nous exiler Traverser la bise et la pluie. Il le faudrait pour s'en aller.
Le plaisir lointain n'est qu'un rêve ! — Chère, nous resterons ici.
Source : Gallica

Daniel Bernard Les Virelais de Daniel Bernard (1865)

Un monde où le flot, de sa litanie, Bercera la rive et le sable d'or; Où le rossignol, vivante harmonie, S'égosillera, dans un vrai décor ;
Où l'humain orgueil et l'humain blasphème Ne souilleront plus l'ouvrage divin ; Où l'astre luira, comme un diadème, Au front de l'espace, au creux du ravin !
Nous irons ainsi, dans cette nature Pleine de parfums et de volupté, Nous gazouillerons avec ce murmure Et nous sourirons dans cette gaîté !
O douleur ! ce monde étrange et paisible Roule-t-il au sein des bleus infinis ? Ce monde n'est-il qu'un monde impossible Où nous ne serons jamais réunis?
Source : Gallica

Daniel Bernard Les Virelais de Daniel Bernard (1865)

Le vent repousse, le vent chasse L'orage qui fuit et s'efface ; Le rayon chasse devant lui Le nuage où l'éclair a lui.
La timide chanson s'éveille Avec la source, avec l'abeille. On voit s'envoler le chagrin Avec la foudre, avec le grain.
L'esprit songe, — la voix murmure Avec les voix de la nature. Les bruyantes hilarités Frappent les monts ressuscites.
Ainsi, quand le ciel s'illumine, Le coeur s'ébat dans la poitrine ; Quand brille le ciel enchanteur, La joie éperonne le coeur.
Source : Gallica

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