Jules Péroche

Poésies (1895)

Résumé

Jules Péroche,  Poésies (1895)

“ J'aimais les champs ; j'aimai le monde, Et, pauvre enfant sans guide, un jour, Pour Paris, océan qui gronde, J'ai fui les champs, source d'amour,
L'illusion était si douce ! Je m'enivrais de tant d'espoir ! Mais le rayon d'or, sur la mousse, Etincelle, n'a lui qu'un soir.
O mon Dieu ! que Paris est vide De ce bonheur tant désiré ! C'est un désert brûlant, aride, Par un doux mirage éclairé.
Loin, on croit voir, pure d'orage. Luire une oasis, éden vert. On approche : le doux mirage Tombe et c'est toujours le désert.
”
Source : Gallica

Jules Péroche,  Poésies (1895)

“ Rêveur, Vous aviez donc encore abreuvé votre coeur, Au lieu de flots de miel, d'un torrent d'amertume ? Du lac vous ne voulez voir, au bord, que l'écume Et dans le fond, la vase ; et pourtant, au milieu, Si vous y regardiez quand vous oubliez Dieu, Vous verriez se mirer, sans nuages, sans voiles, Le ciel bleu que la nuit vient consteller d'étoiles, Et les barques courir, l'aile tendue au vent, Blanches et sur les flots laissant tomber leur chant, Comme ces cygnes purs qui, lorsque l'heure arrive, Disent, en s'envolant, leurs adieux à la rive. ”
Source : Gallica

Jules Péroche,  Poésies (1895)

“ J'ai vu, pour obéir, le juge, votre maître, Condamner parmi vous l'innocent attéré ; J'ai vu du coeur de tous la bonté disparaître ; J'ai détourné les yeux alors et j'ai pleuré.
J'ai pleuré, car toujours aux malheurs de mes frères, Mon coeur compatissant se brise dans mon sein. Poète, j'ai passé par toutes vos misères ; J'ai souffert de vos maux; j'eus faim de votre faim.
J'ai pleuré ; puis j'ai dit : Priez ; le temps arrive. Esclaves des mauvais, vos tourments vont finir. Voyez le flot immense; il s'avance à la rive : Bien plus fort que le flot, un Dieu vient pour punir.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature