Jules Péroche

Résumé

Jules Péroche Les rimes choisies (1853)

Là, debout sur quelque colline Que l'oiseau ravit par son chant, On ne peut, quand le jour décline, Regarder au loin le couchant,
Et, rêvant aux mots qu'on échange, Se rappeler tous les beaux jours Où, près d'une sœur, petite ange, On était si joyeux toujours.
C'est triste, va, bien triste même , Plus triste qu'une sombre nuit D'être ainsi loin de ceux qu'on aime, Seul avec son cœur et l'ennui !
Mais, toi, petite sœur, la joie
Brille-t-elle sur ton front pur Où tes cheveux, boucles de soie, Roulent sous un ruban d'azur ?
Source : Gallica

Jules Péroche Les rimes choisies (1853)

Vois le soleil baisser : hélas ! bientôt la nuit » Eteindra tout rayon au ciel, ici tout bruit. »
- « 0 mon âme ! la nuit est douce aussi. Qu'importe » Ce que le jour reprend si la nuit nous l'apporte ! »
- « Qu'importe ! reprit-elle. Ah ! tu l'as dit : l'amour, » C'est le bonheur, ainsi que le soleil, le jour; » Le jour s'éteint : l'amour aussi peut donc s'éteindre. »
Et, comme si son cœur qu'un malheur vînt d'atteindre, Se fut ouvert soudain sous ce coup de douleurs, - Son regard s'inonda d'un long torrent de pleurs,
Elle pleura longtemps sur le sol affaissée.
Source : Gallica

Jules Péroche Les rimes choisies (1853)

Quand il la vil ainsi dans ce flot de tristesse Eteindre de sa main sa joie et son ivresse, Inquiet aussitôt et plein de ses douleurs, Lui qui vit de sa vie et qui pleure à ses pleurs: - « Oh ! qu'as-tu ? lui dit-il d'une voix soucieuse.
« Qu'as-tu pour te courber pâle et silencieuse, » Hélas ! et pour vêtir ton âme de ce deuil ?
» Pourquoi vers le ciel bleu ne plus lever ton œil ?
» Quel chagrin, descendu sur ton front qui s'incline, » Y pose-t-il ainsi la couronne d'épine, » Versant en même temps, au lieu d'ambre et de miel,
»
Source : Gallica

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