“ Ce goût si vif de Pétrarque pour saint Augustin s’explique par une affinité secrète. M. de Lamartine, dont l’autorité en pareil cas ne saurait être mise en doute, a surnommé l’évêque d’Hippone le Pétrarque africain [9] . Tous deux, d’une âme ardente et d’un cœur tendre, cédèrent aux entraînements du monde ; tous deux, désabusés, brûlèrent, comme le fier Sicambre, ce qu’ils avaient adoré et firent une guerre sans relâche à ce qui les avait charmés jusque-là. C’est l’histoire de cette lutte si mouvementée de la passion et de la raison qui donne à leurs confidences tant d’intérêt. ”
Pétrarque
Définition et enjeux
Frédéric Pétrarque, figure centrale de la littérature italienne, incarne la transition de l'Antiquité au Moyen Âge. À travers ses œuvres comme Mon secret ou ses sonnets, il examine les tensions entre passion et raison, l'idéalisation de l'amour et la quête spirituelle.
Son dialogue avec saint Augustin, ses lettres ou ses réflexions sur Laure dévoilent une introspection approfondie, marquant l'époque comme un tournant intellectuel. Les éditions de ses textes, souvent modifiées, soulignent également leur complexité. Son héritage, ancré dans le sonnet et les canzoni, exerce une influence durable sur la poésie européenne.
Citations sur “Pétrarque”
“ C’est un vaste panorama où défilent tour à tour papes, empereurs, rois, cardinaux, princes, prélats, chevaliers, savants, moines et autres. Elle exerça sur ses contemporains une telle influence qu’on pourrait, avec raison, surnommer le XIVe siècle, le siècle de Pétrarque. De plus, sa correspondance est le pendant obligé de Mon Secret ; si dans l’un il a voulu se peindre, dans l’autre il s’est peint sans le vouloir. Le texte de Mon Secret, ainsi que celui de la plupart des œuvres latines de Pétrarque, est outrageusement altéré dans toutes les éditions. ”
“ Pétrarque. Comme vous voudrez. S. Augustin. Eh bien ! dis-moi, la pauvreté t’a-t-elle forcé d’endurer la faim, la soif et le froid ? Pétrarque. Ma fortune n’a pas encore été dure à ce point. S. Augustin. Cependant, de combien de gens n’est-ce pas le lot journalier ? Pétrarque. Employez un autre remède si vous pouvez, car celui-ci ne me soulage pas. Je ne suis point de ceux qui, dans leurs maux, se réjouissent on voyant la foule des malheureux qui sanglotent autour d’eux, et quelquefois je ne gémis pas moins sur les misères des autres que sur les miennes. ”
